L'épidémie de coronavirus s'arrêtera grâce aux mesures de quarantaine dans les zones les plus touchées, pas grâce à un vaccin qui sera probablement prêt trop tard, a indiqué à l'AFP le professeur Massimo Galli, dont l'équipe a isolé une variante italienne.

"Nous espérons tous qu'un vaccin soit à portée de main, tout près", a expliqué, dans un entretien accordé à l'AFP-TV, ce responsable du département universitaire des maladies infectieuses de l'hôpital Sacco à Milan (nord de l'Italie), tout en étant sceptique.

Pour le professeur, le plus probable est que "cette épidémie s'arrêtera, non pas grâce à un vaccin, qui n'arrivera jamais assez tôt pour l'arrêter, mais grâce aux mesures de confinement que nous arriverons à prendre, aux mesures de limitation de la circulation du virus".

Une stricte quarantaine a été décidée il y a 10 jours pour 11 villes du nord de l'Italie où tous les lieux publics (églises, bars, bibliothèques, écoles, musées, mairies) sont fermés. Des sanctions sont prévues pour les personnes cherchant à sortir de ces zones.

Limiter la diffusion

Par ailleurs, les écoles, musées et églises ont également fermé leurs portes dans les trois plus grandes régions du Nord: Lombardie (Milan), Vénétie (Venise) et Emilie-Romagne (Bologne) où plusieurs salons et foires ont été reportés.

Le professeur Galli a reconnu qu'il s'agit d'une "pilule amère à avaler" pour les populations concernées, mais c'est "un choix obligé" car "il était important de chercher à limiter une diffusion ultérieure de l'infection".

"Tout ce qui a été fait devait être fait", a estimé le professeur Galli, même si on ne sait pas encore "si les mesures prises ont produit des effets ou sont en train d'en produire".

Selon le professeur, "il faudra des jours, peut-être des semaines pour le comprendre".

Il a toutefois expliqué que "l'augmentation apparente du nombre de cas" observée ces derniers jours s'explique par la détection de personnes infectées il y a déjà un certain temps.

L'Italie est le premier pays en Europe par le nombre de contagions, qui ont dépassé les 2.500 cas, et enregistre le plus lourd bilan à ce jour avec 79 morts, pour la plupart des personnes âgées ou atteintes d'autres pathologies graves.

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