Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a salué jeudi la mise en oeuvre de vaccins contre le Covid-19 tout en soulignant qu'ils ne suffiraient pas à recréer un monde prospère sans d'autres efforts sur le long terme, à l'ouverture d'un sommet virtuel de l'Assemblée générale des Nations unies. "Grâce au travail acharné et au dévouement des scientifiques et des chercheurs du monde entier (...), les vaccins pourraient devenir disponibles dans les semaines et les mois à venir", a-t-il relevé.

"Mais ne nous méprenons pas", a-t-il ajouté. "Un vaccin ne peut pas réparer des dommages qui s'étaleront sur des années, voire des décennies à venir. L'extrême pauvreté augmente, la menace de famine se profile, nous sommes confrontés à la plus grande récession mondiale en huit décennies", a fait valoir le chef de l'ONU.

"Il est temps de repartir de zéro" pour combattre les inégalités et les injustices mises en lumière par la pandémie de Covid-19, a-t-il demandé.

Sans citer les Etats-Unis, le secrétaire général a implicitement critiqué Washington qui a vivement dénoncé la gestion de la pandémie par l'Organisation mondiale de la Santé.

"Certains pays continuent de rejeter les faits et d'ignorer les directives. Et quand les pays vont dans leur propre direction, le virus va dans tous les sens", a-t-il lancé.

Selon lui, "un nouveau contrat social entre les personnes, les gouvernements, le secteur privé, la société civile et plus encore" est à bâtir afin de "s'attaquer aux racines de l'inégalité avec une imposition juste sur le revenu et la richesse, des prestations universelles et des opportunités pour tous".

La relance du monde passe par un effort vers une économie respectueuse de l'environnement et luttant contre le réchauffement climatique, a aussi répété Antonio Guterres, qui a fait de ce dernier sujet son cheval de bataille à l'ONU depuis maintenant plusieurs années.

Pendant deux jours, plus de 140 dirigeants du monde entier, chefs d'Etat, Premiers ministres ou ministres doivent prendre la parole lors du sommet. Les présidents américain, russe ou chinois n'interviendront pas, ayant préféré être représentés par des ministres.

Chaque pays a cinq minutes pour intervenir via une vidéo pré-enregistrée.