Les chercheurs britanniques passeront ainsi à la loupe sept vaccins différents (Oxford/AstraZeneca, Pfizer/BioNTech, Moderna, Novavax, Valneva, Janssen et Curevac), a annoncé mercredi le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock.

Pays le plus meurtri d'Europe avec près de 128.000 morts, le Royaume-Uni a vu sa situation sanitaire nettement s'améliorer après un long et strict confinement hivernal et une campagne de vaccination massive.

Les premiers résultats de l'étude, financée à hauteur de 19,3 millions de livres (22,4 millions d'euros) par le gouvernement, sont attendus en septembre. Les scientifiques espèrent que cela permettra de clarifier les choses en vue d'une campagne de vaccination de rappel prévue pour l'automne. L'objectif est de fournir la meilleure protection possible pendant l'hiver aux personnes les plus exposées au risque d'infection grave.

L'étude, qui débutera en juin et sera menée par le service public de la santé (NHS) portera sur 2.886 sujets qui recevront une troisième dose au plus tôt 10 à 12 semaines après la deuxième. Le vaccin de rappel ne sera pas nécessairement le même que les deux précédents.

Dans une interview accordée fin mars, le ministre responsable de la campagne de vaccination, Nadhim Zahawi, avait déjà annoncé que le Royaume-Uni administrerait des vaccins de rappel à l'automne. Les personnes âgées de plus de 70 ans, le personnel soignant et certains patients à haut risque seront éligibles dans un premier temps, avait-il alors précisé.

"Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger ce pays des pandémies et autres menaces pour notre santé à l'avenir", a insisté mercredi le ministre Hancock. "Les données de ce premier essai clinique au monde contribueront à façonner les plans de notre programme de rappel plus tard cette année."

Le gouvernement espère maintenir grâce à la vaccination une longueur d'avance sur la pandémie. Car tandis que le pays poursuit son déconfinement, avec la réouverture lundi des pubs, lieux culturels et stades, la progression rapide du variant initialement identifié en Inde inquiète.

Selon le ministre de la Santé Matt Hancock, 2967 cas liés au variant B1.617.2, plus contagieux, ont à ce jour été identifiés au Royaume-Uni, notamment dans le nord-ouest de l'Angleterre et à Londres, en hausse d'environ 33% depuis lundi.

Pour enrayer la propagation du variant indien, le gouvernement table sur le dépistage de masse et l'accélération du programme de vaccination, qui a déjà permis d'administrer une première dose à 70% des adultes et de totalement vacciner 40% d'entre eux, soit près de 21 millions de personnes.

"Nous sommes de plus convaincus que les vaccins sont efficaces contre" le variant indien, a assuré Matt Hancock lors d'une conférence de presse. "Cela signifie que notre stratégie est la bonne: remplacer prudemment les restrictions envers nos libertés par la protection offerte par les vaccins".