Comme chaque jour le SPF santé publique et le Centre national de crise ont présenté les dernières données relatives à l'épidémie de coronavirus en Belgique. 178 personnes ont dû être hospitalisées tandis que 293 ont pu quitter l'hôpital, ces dernières 24 heures. 111 décès sont à déplorer ce jeudi 30 avril. "La première fois qu'on a une baisse aussi grande", a souligné Steven Van Gucht, porte-parole interfédéral covid-19.

"On note que les maisons de repos ont toujours un nombre de décès plus important et qu'au vu du testing qui s'y passe, 75% des décès en maisons de repos sont bien en lien avec le covid-19", a cependant précisé Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral covid-19.

Les "incohérences" dans les chiffres 

Le nombre de lits occupés a énormément changé ce jeudi 30 avril, par rapport à ce mercredi (4.050). En effet, des "incohérences" avaient été soulignées. Les lits occupés rapportés ce mercredi comptaient les patients qui étaient à l'hôpital, positifs au covid-19, sans en être malades. "Les hôpitaux testent systématiquement les patients, quelles que soient les raisons pour lesquelles le patient rentre à l'hôpital, a détaillé M. Van Laethem. Cela gonflait énormément les chiffres. C'est pourquoi aujourd'hui nous avons affiné les données."


Les indicateurs décisifs pour le déconfinement

Les experts vont se baser sur divers indicateurs pour donner le feu vert ou non aux différentes phases du déconfinement. Yves Van Laethem les a détaillés, en insistant sur le fait qu'ils se focalisaient à présent sur les deux premiers :

  • L'indicateur lié à la présence des infections respiratoires suivies par des médecins vigiles dans la population
  • Les absences pour des raisons de santé sont également un indicateur important. Les experts se focalisent sur les absences dans le secteur public pour ne pas avoir de variations en fonction du secteur étudié. Un pic de ces absences a été aperçu en mars (au moment de la semaine de carnaval)
  • L'occupation des soins intensifs est un indicateur tardif, mais qui reste important pour la robustesse de notre système de santé, mais ce n'est pas un indicateur très fin pour l'évolution de la propagation du virus dans la population. 
  • Le nombre d'hospitalisations est un indicateur qui se rapproche de la réalité mais avec un certain retard puisque certaines personnes mettent parfois plusieurs jours à se rendre à l'hôpital.

Le point presse ne se fera plus quotidiennement

Le Centre de crise est ensuite revenu sur le déconfinement qui débutera ce lundi 4 mai et sur le déroulement des futures conférences de presse. "Lundi, nous allons tous commencer une nouvelle étape dans ce processus d'adaptation, le besoin en information s'est adapté à cette nouvelle réalité, il y a beaucoup de questions sur le "comment", a expliqué Benoît Ramacker. "Chacun veut se préparer au mieux et faire de son mieux pour que ce déconfinement fonctionne."

Les points presse ne se tiendront plus quotidiennement mais bien uniquement le lundi, mercredi et vendredi à 11 heures. Par contre, les dernières données seront elles toujours accessibles quotidiennement. 

Espérance de vie réduite ? 

Aux Pays-Bas, une étude estime que le coronavirus réduit l'espérance de vie des hommes d'environ 200 jours. Yves Van Laethem a tenu à préciser que cela concernait l'entièreté de la population masculine aux Pays-Bas et pas seulement les hommes qui avaient développé le virus. "En effet, l'espérance de vie aux Pays-Bas pour les hommes a diminué d'une demi-année", a affirmé le porte-parole interfédéral. Le virus touche de façon plus sévère les hommes que les femmes, comme les experts l'avaient déjà expliqué hier. "Aux Pays-Bas, l'espérance de vie pourra encore changer une fois que l'épidémie sera terminée et qu'un vaccin aura été trouvé"; a ajouté M. Van Laethem. 

Le taux de mortalité aux soins intensifs en Belgique 

La mortalité moyenne est de l'ordre de 50% dans notre pays aux soins intensifs. Elle est plus importante dans le cas de patients qui doivent être intubés. 

Le transport des patients

Il n'existe pas encore en Belgique de données quant au nombre de patients transférés. Selon une étude en Suède, la mortalité serait plus importante chez les patients transférés d'un hôpital à un autre, que chez les patients demeurant dans un même hôpital tout au long de leur traitement. "Un transport peut s'expliquer par deux raisons, a détaillé M. Van Laethem. Soit technique (le patient a besoin de soins spécifiques), dans ce cas-là, la mortalité est souvent importante. Soit en raison d'une surcharge de l'hôpital, mais nous n'avons pas de données belges sur la mortalité de ces patients."