Certaines personnes pourraient être immunisées contre le coronavirus sans jamais avoir contracté le virus. C'est le principe de l'immunité croisée.

D'après les derniers chiffres sur l'immunité collective en Belgique, apparus dans une étude de l'université d'Anvers début mai, il semblerait que 6% des Belges soient immunisés contre le Covid-19. Mais parmi ceux-ci, il se peut que certains n'aient jamais été en contact avec le coronavirus. Mais comment peuvent-ils être immunisés contre un virus auquel ils n'ont même pas été exposés ? Par exemple en ayant été contaminés par d'autres maladies auparavant.

Dans une étude publiée le 7 mai dernier dans la revue Cell, des scientifiques américains se sont penchés sur le phénomène d'immunité croisée. Ce type de défense est en fait une immunité acquise contre un virus, qui va ensuite protéger le corps contre un autre virus. En général, les anticorps développés pour contrer une bactérie sont spécifiques à celle-ci, mais ils peuvent aussi lutter contre des bactéries ou des virus qui lui ressemblent. On parle alors d'anticorps "cross-réactifs".

Si on suit ce principe, il se peut donc que des personnes ayant souffert de maladies proches du Covid-19, qui ont contracté une autre forme de coronavirus qui cause un rhume par exemple, puissent être immunisées contre le Sars-CoV-2. Les scientifiques Américains démontrent d'ailleurs que chez 40 à 60% des personnes non exposées au coronavirus qui ont participé à leur étude, des cellules réagissant au nouveau coronavirus ont été détectées.

Ces travaux sur l'immunité croisée dans le cadre du Covid-19 n'en sont qu'à leurs débuts, mais pour certains scientifiques, ils sont déjà la preuve qu'une deuxième vague de l'épidémie n'arrivera pas. Comme le très médiatisé Pr Didier Raoult, d'autres experts pensent que l'épidémie est déjà presque finie. L'épidémiologiste français Laurent Toubiana estime, comme son collègue, que l'épidémie a démarré sans qu'on s'en rende compte et bien avant ce que l'on croit. Et que maintenant, après avoir contaminé des milliers de personnes très rapidement, elle décroit progressivement, car il n'y a plus de nouvelles personnes à infecter. "Une partie non négligeable de la population pourrait ne pas être sensible au coronavirus, parce que des anticorps non-spécifiques de ce virus peuvent l'arrêter", dit-il ainsi à l'AFP.