L'épidémie de pneumonie virale qui a fait 56 morts "s'accélère" et place la Chine dans "une situation grave", a reconnu samedi le président Xi Jinping, appelant à renforcer l'autorité du régime communiste.

Le nouveau coronavirus, apparu en décembre dans le centre du pays, a contaminé près de 1.300 personnes en Chine et s'est répandu dans plusieurs pays, y compris la France et les Etats-Unis. A noter que Pékin vient de décider de suspendre les voyages organisés en Chine et à l'étranger. A compter de lundi, les agences de voyage chinoises ne pourront plus vendre de réservations d'hôtels ni de voyages à des groupes, a précisé la chaîne de télévision CCTV.

La Chine peut "remporter la bataille" contre le nouveau coronavirus, a assuré le chef de l'Etat chinois, lors d'une réunion du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, l'instance de sept membres qui dirige le pays, selon l'agence de presse Chine nouvelle.

"Face à la situation grave d'une épidémie qui s'accélère (...) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti", a-t-il affirmé.

Dans de premières déclarations lundi dernier, il avait appelé à "enrayer" résolument l'épidémie.

Ces propos avaient été suivis jeudi de la mise de facto en quarantaine de la ville de Wuhan, à l'épicentre de l'épidémie, et de sa région.

Pas moins de 56 millions de Chinois sont depuis bouclés dans des zones dont il n'ont pas le droit de sortir jusqu'à nouvel ordre.

Probablement" encore plus d'infections en Europe, prédit une agence de l'UE

Il est "probable" que davantage de cas d'infection au coronavirus surviennent en Europe, a indiqué samedi le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) en réaction à la découverte de trois patients infectés en France. "À ce stade, il est probable qu'il y aura plus de cas importés en Europe", prévient le Centre. Même s'il reste encore beaucoup de données inconnues sur ce coronavirus (nCoV 2019), les pays européens disposent des capacités nécessaires pour prévenir et contrôler une épidémie dès la détection des cas, estime-t-il.

D'après le CEPCM, les premiers cas confirmés en Europe ne sont "pas inattendus" compte tenu de l'évolution des derniers jours, avec plusieurs cas de la maladie signalés dans des pays hors de Chine. Vendredi, le ministère français de la Santé avait ainsi annoncé la découverte de trois personnes infectées.

Aucun cas n'a été confirmé dans d'autres pays européens pour l'instant mais la vigilance est de mise. La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a prévu une réunion lundi avec les experts en santé des États membres afin de discuter des options de réaction et des besoins de préparation de chacun des pays. "Nous sommes prêts à agir et à faire plus si nécessaire", a-t-elle assuré sur Twitter.

Au Royaume-Uni, les services de santé recherchent environ 2.000 passagers aériens qui sont arrivés dans le pays depuis la Chine au cours des deux dernières semaines, et en particulier de la ville de Wuhan, l'épicentre du virus.

En dehors de la Chine, le virus est également apparu aux États-Unis, en Thaïlande, au Vietnam et à Singapour, entre autres. En Australie, trois nouveaux cas ont été confirmés samedi, tandis qu'au Japon on en compte trois pour le moment.