Des chercheurs belges sur la piste d'un gène prédisposant au diabète

S'il n'est pas question, à ce stade, de crier à la découverte d'un traitement pour les diabétiques de type 2, les travaux menés par des chercheurs belges, mais également français et canadiens laissent entrevoir d'importantes applications thérapeutiques et diagnostiques. Leurs expériences réalisées sur des souris génétiquement modifiées ont permis de mieux définir le rôle d'un gène baptisé SHIP 2, pour arriver à la conclusion qu'il régulait la sensibilité à l'insuline au niveau cellulaire.

LAURENCE DARDENNE

S'il n'est pas question, à ce stade, de crier à la découverte d'un traitement pour les diabétiques de type 2, les travaux menés par des chercheurs belges, mais également français et canadiens, méritent à l'évidence d'être salués. Publiées jeudi dans la très sérieuse revue scientifique britannique Nature, les expériences réalisées sur des souris génétiquement modifiées ont permis de mieux définir le rôle d'un gène baptisé SHIP 2, pour arriver à la conclusion qu'il régulait la sensibilité à l'insuline au niveau cellulaire. Une découverte qui laisse entrevoir d'importantes applications thérapeutiques et diagnostiques, SHIP 2 se présentant comme un bon candidat pour un gène de prédisposition au diabète de type 2.

Plus on étudiera la cascade de signalisation de l'insuline, plus on trouvera des gènes et des protéines qui y participent, nous explique Stéphane Schurmans, de l'Institut de biologie et de médecine moléculaire de l'Université libre de Bruxelles à Gosselies. Chaque nouveau gène, chaque nouvelle protéine constitue une cible pour de nouveaux médicaments. Il faut donc espérer que, d'ici quelques années, nous ayons suffisamment de gènes et de protéines cibles permettant de trouver quelques molécules qui interagissent avec eux et qui s'avèrent les futurs médicaments de cette maladie.

Le diabète de type 2, qui concerne près de 90 pc des diabétiques, touche 3 à 8 pc de la population dans les pays d'Europe occidentale, soit 400.000 personnes en Belgique. Outre l'importance du coût social, il ne faudrait pas oublier les complications sévères du diabète, première cause de cécité et d'insuffisance rénale chez l'adulte. Le fait de pouvoir un jour identifier les personnes prédisposées permettrait de diagnostiquer le diabète de type 2 avant l'apparition de complications irréversibles.

© La Libre Belgique 2000