Méfions-nous de la météo ...

N.D. (St.)

Affublés, voici deux ans, des indispensables lunettes, les passionnés d'astronomie troqueront, cette fois, leur matériel de circonstance pour les traditionnelles lunettes ou jumelles. «Contrairement à une éclipse de Soleil, comme nous l'avions vécu en 1999, observer l'éclipse à l'oeil nu ne représente aucun danger. Néanmoins, mieux vaut éviter, comme d'habitude, toute pollution lumineuse et privilégier un matériel approprié.» Facilement observables, les différentes phases de l'éclipse s'offriront aux regards profanes, à condition néanmoins de se munir de jumelles à l'indice de luminosité élevé. Plus frustrant peut-être pour l'oeil non aguerri, mais tellement spectaculaire, le déplacement de l'ombre de la Terre sur la surface lunaire nécessite en revanche l'utilisation d'une lunette astronomique ou d'un télescope. Autre moment fort de cette découverte spatiale, la présence, à proximité visuelle de notre satellite naturel, de deux «proches» voisines: «La Lune vient de passer juste au-dessous de la conjonction de Saturne et de Jupiter, explique réjoui Yves Coene. «L'éclipse lunaire représente donc l'occasion unique de pouvoir observer ces deux planètes, même à l'oeil nu. Sans oublier également la constellation des Gémeaux que nous devrions observer très facilement». Pour saisir l'occasion, rendez-vous est pris pour ce mardi 9 janvier à 18h44. Entrée à cette heure dans la pénombre de la Terre, la Lune passera ensuite dans la phase dite de «totalité», d'une durée de 1h01, qui connaîtra son apothéose à 21h21, avant de ressortir de la pénombre à 23h57. Et si la météo et notre climat frivole réussissaient, en fait, à tout gâcher? Décevantes et pourtant de saison, les dernières prévisions météorologiques de l'Institut royal météorologique de Belgique présagent le pire à quelques heures à peine du dénouement. «Nous prévoyons une augmentation de la nébulosité pour le début de l'après-midi», explique M. Broyaux, porte-parole de l'IRM. «Le temps restera normalement sec mais pas très serein.» Un ciel nuageux donc qui laisse peu de chance d'accueillir une embellie: «un trou dans une nébulosité variable est toujours possible mais il faut beaucoup de chance».

© La Libre Belgique 2000