Un cosmotouriste en 2001?

Dans le film de Stanley Kubrick «2001, l'Odyssée de l'espace», le voyage spatial commercial était vécu de façon aussi banale qu'un vol transatlantique. Si l'on en est encore loin, 2001 pourrait bien marquer un tournant en la matière.

ALAIN LORFÈVRE

Dans le film de Stanley Kubrick «2001, l'Odyssée de l'espace», le voyage spatial commercial était vécu de façon aussi banale qu'un vol transatlantique. Si l'on en est encore loin, 2001 pourrait bien marquer un tournant en la matière. Dennis Tito, milliardaire américain de 59 ans, rêve d'être le premier touriste de l'espace. Moyennant 20 millions de dollars et un entraînement intensif, il avait obtenu l'autorisation de prendre place à bord de la station Mir au cours du premier semestre de cette année. Mais la vétusté de la station a reporté sine die son départ. Le milliardaire s'acharne néanmoins, puisqu'il annonçait le 3 janvier son intention de monter à bord de la Station spatiale internationale en avril prochain. Dennis Tito doit toutefois encore obtenir l'autorisation de la Nasa. Si le fait d'aller en orbite risque de rester encore longtemps hors de portée de Monsieur et Madame Tout-le-monde, ce ne sera sûrement pas le cas des vols suborbitaux. Atteignant les 100 kilomètres d'altitude, ils permettront déjà de se rendre compte de la courbure de la Terre et d'avoir les pieds qui quittent le plancher. Techniquement, un tel voyage est aujourd'hui possible. Space Adventures, une compagnie américaine spécialiste du tourisme extrême (expéditions en Antarctique, survol de Moscou dans un MIG-25), envisage d'envoyer ses premiers clients dans l'espace en 2003-2005. La société aurait déjà collecté une centaine de réservations pour deux heures de vol au tarif unitaire de 4.305.000 de FB (env. 107.000 euros). Soit cent fois moins que le coût estimé par personne d'un vol à bord d'une navette spatiale. La Fondation X Prize, fondée il y a quatre ans, milite en faveur de la démocratisation des voyages spatiaux, espérant diviser le coût des lancements par dix. Un prix de dix millions de dollars est offert à la première compagnie qui créera un lanceur réutilisable. Objectif: un premier vol public entre 2002 et 2005. Buzz Aldrin, le deuxième homme sur la Lune, promeut également, via son association Sharespace, l'accès des étoiles à tous. Et la chaîne Hilton peaufine depuis 1967 les plans d'un hôtel lunaire imaginé par Baron Hilton. Il y en a qui gardent les pieds sur terre en toutes circonstances.

© La Libre Belgique 2000