A deux mois déjà, mineur et vacciné

Polio, diphtérie, tétanos, coqueluche, rougeole, rubéole, oreillons, hépatite B et méningite due à l'Haemophilus influenzae de type B sont à ce jour les huit maladies incluses dans le calendrier vaccinal élaboré et approuvé par la section vaccination du Conseil supérieur d'hygiène (CSH), ainsi que par les autorités compétentes pour les programmes de vaccination des trois communautés du pays

LAURENCE DARDENNE

Polio, diphtérie, tétanos, coqueluche, rougeole, rubéole, oreillons, hépatite B et méningite due à l'Haemophilus influenzae de type B sont à ce jour les huit maladies incluses dans le calendrier vaccinal élaboré et approuvé par la section vaccination du Conseil supérieur d'hygiène (CSH), ainsi que par les autorités compétentes pour les programmes de vaccination des trois communautés du pays.

Fondées sur l'évolution de l'épidémiologie des maladies, la mise au point de nouveaux vaccins, leur disponibilité, leur efficacité et leur coût, les recommandations vaccinales tiennent également compte des orientations générales et recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière d'élimination de certaines maladies. Ainsi l'OMS s'est-elle donné pour objectifs l'éradication de la poliomyélite dans le monde pour l'an 2000, ce qui n'est toujours pas le cas même si c'est en bonne voie, et l'élimination de la rougeole en Europe.

ATTENTION, CHANGEMENTS!

Si la prévention vaccinale intéresse différents âges de la vie, c'est au niveau des nourrissons que sont intervenues deux modifications importantes, d'application à partir du 1er janvier 2001.

Le premier changement concerne le calendrier vaccinal: dorénavant, l'âge d'administration des premiers vaccins sera abaissé à deux mois, les doses suivantes étant administrées à 3, 4 et 13-14 mois. (Voir notre infographie). Le CSH justifie cette décision en raison du caractère létal reconnu de la coqueluche au cours des premières semaines de la vie, tout comme peuvent survenir en très bas âge des pathologies invasives dont l'Haemophilus influenzae de type b (Hib) est responsable. En abaissant l'âge de la vaccination de 3 à 2 mois, sachant que la protection se construit progressivement au fur et à mesure des doses injectées, le CSH souhaite réduire la période de risque pour ces deux pathologies.

La seconde modification concerne la seule vaccination légalement obligatoire en Belgique, à savoir celle contre la poliomyélite, qui se fera dorénavant avec le vaccin tué injectable (IPV), et non plus avec le vaccin oral. Si l'OMS a déclaré le Continent américain exempt de la maladie en 1994, les dernières épidémies survenues en Europe datent de 1992-93 aux Pays-Bas et 1995-96 en Albanie. Alors que 7 cas ont été rapportés pour l'ensemble de la région européenne en 1997, 26 cas avaient été enregistrés en 1998 et plus aucun cas en 1999. On peut dès lors se demander pourquoi rendre ce vaccin obligatoire chez nous. Si la maladie ne survient effectivement plus chez nous, une importation de cas reste toujours possible. Après avoir examiné les avantages et risques respectifs des différents schémas de vaccination antipoliomyélitique, sachant que le risque de paralysie vaccinale lié à l'utilisation du vaccin vivant est estimé à un cas sur 750.000 premières doses, le CSH a opté pour l'utilisation exclusive du vaccin inactivé injectable. Il se fera de préférence en utilisant un vaccin combiné IPV (vaccin polio inactivé)-DTP (diphtérie-tétanos-pertussis), en quatre doses à 2, 3, 4 et une dose de rappel entre 13 et 18 mois. Trois doses suffiront en cas de seule vaccination IPV. Alors que la vaccination de rappel polio à six ans se fera également sous cette forme, le vaccin oral vivant atténué sera, lui, réservé au contrôle d'éventuelles épidémies.

© La Libre Belgique 2000


Parce que, en quelques heures, elle est capable de tuer un enfant en bonne santé, la méningite à méningocoque terrifie avec raison. En Belgique, l'incidence de la méningite et de la septicémie à méningocoques a augmenté, passant de 1 cas pour 100.000 habitants en 1991 à 3 pour 100.000 en 1999. L'an dernier, 267 cas ont été rapportés, dont 13 mortels. Touchant prioritairement les jeunes enfants de moins de 4 ans ainsi que les grands adolescents, la transmission s'opérant par contact direct notamment par le biais des sécrétions du nez et de la gorge des personnes infectées, la méningite à méningocoques du groupe AC peut toutefois être évitée par la vaccination. Alors que les vaccins jusqu'ici disponibles en Belgique n'étaient actifs qu'à partir de l'âge de deux ans, le premier vaccin conjugué contre les infections à méningocoques du groupe AC fera son entrée dans nos officines à partir du 15 janvier. Distribué par AHP Pharma Wyeth-Lederle et vendu au prix de 1.673 FB l'injection (non remboursé), ce vaccin présente deux avantages: d'une part, il permet de stimuler le système immunitaire du nourrisson dès l'âge de 2 mois; d'autre part, il crée une mémoire immunitaire chez les personnes de tout âge assurant ainsi une protection à long terme. Le Conseil supérieur d'hygiène considère que le vaccin anti-méningocoque AC conjugué peut être recommandé en prophylaxie primaire. (L.D.) © La Libre Belgique 2000