L'hormone de jouvence en question

Eminemment sujette à controverse, la DHEA n'en finit pas d'alimenter les débats et les études scientifiques. Pour la petite histoire belge, on se souviendra qu'en mai dernier, s'inspirant largement des travaux réalisés par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), la Commission de l'Académie royale de médecine de Belgique (ARMB) avait émis un rapport de nature à condamner tous les espoirs alors permis en matière de lutte contre le vieillissement.

Laurence Dardenne
L'hormone de jouvence en question
©EPA

Eminemment sujette à controverse, la DHEA n'en finit pas d'alimenter les débats et les études scientifiques. Pour la petite histoire belge, on se souviendra qu'en mai dernier, s'inspirant largement des travaux réalisés par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), la Commission de l'Académie royale de médecine de Belgique (ARMB) avait émis un rapport de nature à condamner tous les espoirs alors permis en matière de lutte contre le vieillissement.

Il devait conclure, en substance, que, non seulement l'effet pharmacologique direct de cette hormone dans les troubles de la sénescence n'avait pas été démontré, mais qu'en plus la prise de DHEA pouvait entraîner certains risques, notamment au niveau des maladies cardio-vasculaires et des cancers hormono-dépendants (prostate, sein, utérus), en cas de prises prolongées de trop fortes doses.

Incitant les consommateurs à la plus grande prudence quant à l'utilisation abusive de ce produit, l'ARMB ne pouvait que hérisser l'un des plus fervents défenseurs de la DHEA en Belgique, le Dr Thierry Hertoghe, membre de la Belgian society of anti-aging medicine. Il faut dire qu'en sa personne, l'on ne pouvait rêver meilleur promoteur d'un produit qu'il prescrit et prend lui-même depuis plus de 13 ans. Dans ses costumes-cravates invariablement vert pomme, orange ou citron, du haut de ses 45 ans, cet homme auquel on donnerait volontiers 20 printemps de moins, se bat tel un diable pour convaincre des bienfaits de la déhydroépiandrostérone. Certes, il reconnaît qu'il ne s'agit pas d'un médicament miracle, qu'il faut attendre de 2 à 6 mois pour en percevoir les effets et qu'il s'agit de respecter scrupuleusement les doses prescrites, mais il n'en démord pas: `La DHEA joue un rôle favorable dans les troubles de la sénescence. Le tout est de savoir à partir de quel taux il devient opportun de commencer le traitement.´

Le Dr Hertoghe ne se limite toutefois pas à ces quelques considérations. Dans un syllabus de 114 pages, largement documenté de références scientifiques, il apporte une réponse au rapport établi par l'ARMB.

Rappelant que la DHEA est l'hormone la plus abondante dans le sang et la plus produite à l'âge adulte, de même qu'une des hormones principales de la grossesse, il soutient que `la déficience en DHEA provoque de nombreux effets significativement désagréables qui peuvent même nuire à la santé et - à la longue - devenir potentiellement létaux. Le traitement de correction de la déficience en DHEA par un supplément peut corriger partiellement mais significativement de nombreuses plaintes et signes psychiques et physiques´.

Les effets correcteurs

Et de citer l'amélioration de la qualité de vie, de l'humeur chez les dépressifs, de la résistance au stress, de la libido et de la puissance sexuelle... Sur le plan physique, on remarque des effets correcteurs au niveau de la pilosité, de l'obésité, de la peau (moins sèche), de la densité minérale osseuse ou encore de divers paramètres immunitaires. `Les risques d'effets nocifs réels paraissent inexistants ou alors très minimes (acné, peau et cheveux gras, hirsutisme léger), tous réversibles par arrêt du traitement´, poursuit le Dr Hertoghe, qui lance ainsi la balle dans le camp de l'Académie royale de médecine.

© La Libre Belgique 2002