La maison n'est pas toujours un cocon

Bien à tort, on serait tenté de croire qu'au sein du foyer, rien ne peut nous arriver. Faux. La maison est loin d'être le lieu le plus sûr qui soit: quatre accidents sur dix ont effectivement lieu au domicile, le plus souvent dans la salle de séjour et dans l'escalier. Et un sur dix conduit à une hospitalisation

L. D.

Bien à tort, on serait tenté de croire qu'au sein du foyer, rien ne peut nous arriver. Faux. La maison est loin d'être le lieu le plus sûr qui soit: quatre accidents sur dix ont effectivement lieu au domicile, le plus souvent dans la salle de séjour et dans l'escalier. Et un sur dix conduit à une hospitalisation.

Sur base des données EHLASS (European Home and Leisure Accident Surveillance System) récoltées dans trois hôpitaux, soit 10663 interviews quantitatives réalisées en Belgique en face à face auprès de victimes d'accidents domestiques, le Centre de recherches et d'information des organisations de consommateurs (Crioc) vient de présenter une analyse des risques liés aux activités domestiques et de loisirs. Il s'agit en l'occurrence des accidents au domicile et dans l'environnement immédiat (jardin, garage, voie d'accès), des accidents durant le trajet et à l'école (à l'exception des accidents de sport), des accidents de travail et de ceux relatifs au mode de déplacement (routier, ferroviaire, maritime ou aérien).

1 Les victimes en général. Est-ce qu'ils sont plus maladroits ou alors davantage exposés à des activités risquées? Toujours est-il que 52 pc des victimes sont des hommes, lesquels ne représentent que 47 pc de la population. Et s'il est bien un facteur déterminant dans le risque d'accidents domestiques, c'est l'âge: entre 0 et 5 ans, le risque est trois fois plus élevé qu'après 60 ans.

2 Les enfants. Selon l'âge des enfants, le type d'accidents diffère. Entre 0 et 2 ans, on constate principalement des chutes des chaises d'enfants, tables à langer, poussettes, dans le bac à jouet, de la voiture, d'un trotteur, d'un landau, mais aussi les mises en bouche d'objets de petites tailles (pièces en plastique, monnaie, jouets,...).

De 3 à 5 ans, les accidents les plus fréquents sont: les chutes à vélo, lors de jeux (vélo, toboggan, cour de récréation), du lit, dans les escaliers, mais aussi les coups suite aux disputes ou aux jeux (jets d'objets divers), ou encore les mises en bouche de petits objets. De 6 à 11 ans: toujours les chutes (qui se diversifient, notamment sur les terrains de sport), les coupures, coups et fractures, coincements (notamment dans des portières de voiture), morsures et piqûres (chiens, tiques, guêpes).

De 12 à 17 ans, chutes (lors du sport ou dans les transports en commun), coups et coupures représentent les principaux accidents.

3 Les seniors. Chez les personnes âgées, on relève essentiellement des chutes (au sol, escalier, baignoire, fil de téléphone, malaise, ébriété, chaise, métro,...), des coupures (boîtes de conserve, couteaux, vaisselle, ustensiles de cuisine,...) et des brûlures.

4 Les moments risqués. Les heures dangereuses se répartissent en deux catégories: de 13 à 20 heures où les activités domestiques et de loisirs sont nombreuses et variées; de 0 à 5 heures où les sens sont moins en éveil.

5 Les zones à risque. Dans 44 pc des cas, les accidents ont lieu dans la maison (séjour (16 pc), escaliers (7 pc), cuisine (5 pc), salle de bains (3 pc), non précisé (13 pc) et dans 66 pc autour de celle-ci (jardin (6 pc), voie d'accès (1 pc), route (15 pc), alentours (2 pc), garage (2 pc), autres lieux (30 pc).

6 Les activités. Les accidents ont lieu lors des activités ménagères (13 pc), des jeux et loisirs (12 pc), en mouvement (49 pc), pendant le bricolage (10 pc), pour des besoins personnels (9 pc).

7 Les types d'accidents. Dans 25 pc des cas, il s'agit de chutes au même niveau et dans 19 pc de hauteur. Suivent les coups (18 pc), coupures (13 pc), coincements (9 pc), corps étrangers (4 pc), exposition thermique (4 pc), suite à un effort (3 pc).

8 Les lésions. On observe avant tout des contusions (28 pc), plaies ouvertes (27 pc), fractures (17 pc), mais aussi des foulures et entorses (10 pc), brûlures (5 pc), lésions aux tendons (2 pc), luxations (1 pc). Dans 3 pc des cas, on ne constate aucune lésion.

9 Les membres à risque. Première partie du corps à être exposée, la tête qui essuie les plâtres dans 23 pc des cas. Viennent ensuite les doigts (15 pc), les bras (9 pc), les jambes (8 pc), les chevilles (8 pc), les orteils (7 pc), l'abdomen (6 pc), le thorax (6 pc), les pieds (6 pc), les mains (6 pc).

10 Les campagnes de sensibilisation. On peut distinguer trois facteurs principaux intervenant dans la survenue des accidents: le comportement du consommateur, l'environnement et la sécurité des produits utilisés. «Les campagnes de sensibilisation auprès des consommateurs peuvent les encourager à adopter des comportements sûrs dans un environnement sûr», estime le CRIOC, qui prône le renforcement de la sécurité des produits par une réglementation adaptée et un contrôle fréquent et régulier du marché. Il invite également les parents et éducateurs à «être attentifs à la sécurité des produits et services et plus particulièrement à l'information disponible en matière de protection individuelle».

Un colloque sur la sécurité des services sera organisé le 11 décembre prochain à l'Université de Mons Hainaut. Infos: Carine Renard: 02/547.06.82 ou rubrique «Agenda» du site Webhttp://www.crioc.be

© La Libre Belgique 2003

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