Les hôpitaux universitaires belges redoutent la fuite des cerveaux

Les médecins universitaires sont de plus en plus attirés par les salaires plus attractifs et les missions médicales moins complexes proposés par des hôpitaux non-universitaires. C'est le cri d'alarme des sept hôpitaux universitaires belges, qui redoutent une pénurie de personnel médical.

BELGA

Les médecins universitaires sont de plus en plus attirés par les salaires plus attractifs et les missions médicales moins complexes proposés par des hôpitaux non-universitaires. C'est le cri d'alarme des sept hôpitaux universitaires belges, qui redoutent une pénurie de personnel médical. Dans une lettre ouverte à l'informateur Didier Reynders, ils demandent plus de moyens pour revaloriser leur secteur.

Outre les soins aux patients, les hôpitaux universitaires doivent aussi veiller à la formation de professionnels de la santé, comme celle d'environ 1.500 médecins spécialistes. Les médecins doivent également se consacrer à la recherche.

La formation et la recherche sont financées par un budget spécial alloué par le SPF Santé publique. En Belgique, il représente 6 pc du chiffre d'affaires des hôpitaux universitaires. C'est beaucoup trop peu, estime la CHAB (Conférence des hôpitaux académiques de Belgique), qui voudrait que le budget passe à 25 pc environ du chiffre d'affaires pour couvrir tous les frais. La CHAB met dès lors en garde: "Une partie essentielle de ce coût supplémentaire semble maintenant en passe de constituer une véritable menace pour l'avenir des hôpitaux universitaires".

Les hôpitaux universitaires sont légalement obligés d'employer des médecins avec un statut de salarié. La conséquence directe est un coût supplémentaire (par rapport aux hôpitaux employant des médecins ayant un statut d'indépendant) en terme de cotisations sociales que les pouvoirs publics ne financent que pour un tiers.

A cause de ce statut de salarié, les médecins universitaires ont une rémunération nette inférieure à celle de leurs confrères indépendants. Ces derniers sont en outre financièrement plus productifs pour l'hôpital que les médecins universitaires.

"Dans le contexte du numerus clausus et de la pénurie médicale, cette différence de rémunération entraîne un 'braindrain' des hôpitaux universitaires aux profits d'autres hôpitaux", prédit la CHAB. "Le médecin universitaire hautement qualifié est attiré par les promesses d'un salaire nettement supérieur pour des prestations moins complexes dans des organisations régionales, pour lesquelles il ne doit pas se consacrer à la formation de nouvelles générations de prestataires de soins."

Les conséquences ne tarderont pas à se faire sentir, à très moyen terme, prévient encore la CHAB qui constate notamment une dégradation de la qualité de la formation médicale initiale et continue des professionnels de la santé ainsi qu'une diminution de la qualité dans le domaine de la recherche scientifique.

Les hôpitaux universitaires revendiquent donc une revalorisation du financement de leurs missions universitaires hautement spécifiques. Ils demandent que le budget soit revu à la hausse pour atteindre 15 pc du chiffre d'affaires, soit un doublement du budget actuel.

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