Des ampoules sans danger

Et la lumière à incandescence fut... C’est ce qu’on doit retenir de la décision de la Commission européenne prise en mars dernier. La "bonne vieille" ampoule doit ainsi faire place nette dans le commerce pour 2012 au profit notamment de l’ampoule basse consommation.Le dossier "Notre planète"

Des ampoules sans danger
©Christophe Bortels

Éclairage Bruno Fella

Et la lumière à incandescence fut C’est ce qu’on doit retenir de la décision de la Commission européenne prise en mars dernier. La "bonne vieille" ampoule doit ainsi faire place nette dans le commerce pour 2012 au profit notamment de l’ampoule basse consommation. Une nouvelle technologie séduisante sur le plan environnemental, mais qui suscite certaines inquiétudes, en raison notamment des effets supposés des champs magnétiques et de rayons ultraviolets émis. Pour y répondre, la Commission a demandé à son Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux (CSRSEN/SCENIHR) de se pencher sur la question. Un rapport qui met en lumière la fiabilité du produit et dont les résultats synthétisés sont aujourd’hui relayés par la plate-forme de vulgarisation scientifique "GreenFacts".

L’ampoule à basse consommation contient notamment un ballast, une résistance qui transforme le courant pour alimenter la lampe. Cela produit inévitablement un champ électromagnétique de basse et de moyenne fréquence, contrairement à l’ampoule à incandescence qui n’en produit que de basse fréquence. En 2007, une étude du Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) mettait en garde l’utilisateur quant à la puissance des champs magnétiques observés sur les ampoules basse consommation et en déconseillait l’usage dans des veilleuses ou des lampes de bureau. Par la suite, l’Institution flamande pour la recherche technologique (Vito) a infirmé les propos alarmistes du Criirem en arguant que celui-ci avait pris en compte une limite d’exposition pour une gamme de fréquence non présente dans le champ électrique d’une ampoule basse consommation. Par ailleurs, le Belgian Bio-ElectroMagnetic Group (BBEMG), centre de recherches lié à l’Université de Liège, et le CSRSEN ont déclaré qu’à ce jour rien n’indique que ces champs magnétiques présentent un risque pour les individus, qui plus est les personnes dites sensibles.

Une autre particularité des lampes à base consommation, c’est que, contrairement aux ampoules à incandescence, elles produisent des rayons ultraviolets. Les UV générés par le gaz excité sont pour la plupart transformés en lumière et bloqués par l’enveloppe fluorescente. Toutefois, dans certains cas, des UV peuvent traverser la couche de verre. Les rayons ultraviolets peuvent chez d’aucuns endommager les protéines et l’ADN de la peau et des yeux et, pour des personnes particulièrement sensibles, occasionner des coups de soleil ou des réactions cutanées de type allergique même lors d’expositions extrêmement faibles. Ce qui fait que, "dans le pire des cas, ce rayonnement ultraviolet pourrait aggraver les symptômes de quelque 250 000 personnes au sein de l’UE souffrant de maladies cutanées rares qui les rendent extrêmement sensibles à la lumière", affirme l’étude du CSRSEN. Une conclusion que l’organisme assortit d’une recommandation : ne pas s’exposer durant de longues périodes, à moins de 20 cm, auprès de certaines lampes à basse consommation à enveloppe simple. Les ampoules à double enveloppe de verre filtrent quant à elles mieux les UV.

Autre sujet d’inquiétude : le mercure. Cet élément fait partie du mélange de gaz contenu dans l’ampoule basse consommation. A fortes doses, il peut affecter les reins, le foie, le système nerveux central, voire fragiliser le système immunitaire. Le mercure contenu dans l’ampoule ne peut se libérer que si celle-ci se brise, mais selon l’Organisation néerlandaise pour la recherche appliquée : "La quantité de mercure qui s’échappe lorsqu’une ampoule économique éclate est si faible qu’elle n’entraîne aucune conséquence nuisible pour la santé". Il est malgré tout conseillé d’aérer la pièce dans laquelle l’accident s’est produit. Il est à noter qu’en Belgique, le prix d’achat d’une nouvelle ampoule économique comprend 0,3 € de cotisation Recupel. L’ampoule ne doit pas être jetée n’importe où, mais peut être remise gratuitement au parc à conteneurs ou encore au point de vente.

Bruno Fella