Grippe AH1N1: Un projet de loi pour agir vite et bien

La ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, a expliqué vendredi à l'issue du Conseil des ministres que le gouvernement avait adopté un projet de loi d'exception qui lui donne les moyens d'agir vite et efficacement en cas de nécessité dans le cadre de la lutte contre la grippe AH1N1. La grippe A pourrait coûter cher à l'économie La grippe A H1N1 se propage à une vitesse sans précédentNotre dossier sur la grippe A/H1N1

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Grippe AH1N1: Un projet de loi pour agir vite et bien
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La ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, a expliqué vendredi à l'issue du Conseil des ministres que le gouvernement avait adopté un projet de loi d'exception qui lui donne les moyens d'agir vite et efficacement en cas de nécessité dans le cadre de la lutte contre la grippe AH1N1. Le projet est envoyé au Conseil d'Etat pour avis. Quand elle sera votée, cette loi donnera au gouvernement une sorte de pouvoirs spéciaux qui lui permettront de prendre des mesures d'urgence, a souligné la ministre.

Mme Onkelinx a donné en exemple le fait que le projet donne la possibilité de réquisitionner des professionnels autres que du personnel de santé pour aider en cas de vaccination massive ou la possibilité d'organiser des distributions massives de médicaments par d'autres voies que les pharmaciens.

La ministre a aussi indiqué que le gouvernement avait passé un contrat pour l'achat de 12,5 millions de doses de vaccins. Elle a aussi annoncé une campagne de vaccination à l'automne. Le vaccin sera gratuit pour les groupes à risques et pour certaines professions.

Des entreprises achètent d'importantes quantités de masques

Des entreprises belges commencent à acheter d'importantes quantités de masques de protection afin d'être prêtes à prévenir une éventuelle vague d'absence de leur personnel touché par le virus de la grippe A/H1N1, a-t-on appris vendredi auprès d'un fournisseur. Le directeur commercial d'une entreprise liégeoise spécialisée dans le matériel médical cite ainsi le cas d'une grande banque belge qui vient de lui commander 1,25 million de masques. "Une autre banque, des pompiers, des prisons, nous ont aussi contactés pour des remises de prix. Ils semblent prévoir des stocks pour septembre", précise Thierry Masset.

Les firmes privilégient des masques de type FPP2, la deuxième des trois classes d'efficacité selon la norme européenne en vigueur. L'investissement est conséquent: une boîte de vingt masques de ce type se vend de 30 à 50 euros pièce. "La demande augmente clairement depuis une quinzaine de jours, il semble que les sociétés craignent d'être confrontées à des ruptures de stock, ce qui a déjà été le cas par le passé", observe M. Masset.

Depuis mardi, la Belgique a renoncé à confiner et dénombrer les patients touchés par le virus, qui se propage dans le monde à une vitesse "sans précédent" par rapport à d'autres épidémies, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Et même si l'OMS relève "le caractère bénin des symptômes pour l'écrasante majorité des patients", une forte proportion de la population belge - et donc de travailleurs - risque d'être touchée: selon le commissaire interministériel "Influenza" Marc Van Ranst, de 12 pc à 35 pc de la population belge pourrait avoir été atteinte par le virus d'ici la fin de l'hiver prochain. Un vaccin ne devrait arriver qu'à l'automne, et serait prioritairement destiné aux groupes à risques. Depuis mardi, des stocks d'antiviraux et de masques de protection sont distribués aux communes via les provinces.