La faune marine pourrait contribuer à la circulation océanique

La faune marine pourrait contribuer significativement à la circulation océanique, qui constitue elle-même un facteur déterminant du climat, selon une étude parue mercredi dans la revue britannique Nature.

La faune marine pourrait contribuer à la circulation océanique
©EPA
AFP

La circulation océanique est à l'origine d'échanges thermiques colossaux entre les régions polaires et tropicales ainsi qu'entre les eaux de surface, lumineuses et les profondeurs sous-marines, froides et sombres. Au 20ème siècle, les scientifiques pensaient que cette circulation était déterminée par les seuls courants marins et les vents, ainsi que les forces gravitationnelles exercées notamment par la Lune sur les marées.

L'idée, populaire au 19ème siècle, selon laquelle les poissons contribueraient aux courants marins, est aujourd'hui en passe d'être réhabilitée grâce à deux chercheurs du California Institute of Technology à Pasadena (Etats-Unis), Kakani Katija et Joan Dabiri. Alors que dans les années 1960, les scientifiques étaient parvenus à la conclusion que les légères turbulences créées par le poisson et le plancton se dissipent rapidement dans l'eau, Katija et Dabiri ont montré que les animaux, en fonction de leur morphologie, entraînent l'eau par viscosité, en faisant appel à une hypothèse formulée par Charles Darwin.

Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont mis au point un système laser pour mesurer le mouvement de l'eau, avant de lâcher de la teinture sur le passage de méduses dans un lac salé de l'île de Palau, dans le Pacifique. Ils ont ainsi pu constater qu'une "quantité étonnamment grande" d'eau froide était transportée à la surface dans le sillage des méduses qui remontent depuis le fond, a relevé dans un commentaire William Dewar de la State Florida University.

Katija et Dabiri affirment que l'impact de leur expérience à l'échelle de la planète peut être calculé sur la base de ce qu'on sait de la forme des animaux marins, de leurs populations et de leurs déplacements. Bien que les deux auteurs ne se soient pas lancés de ce calcul très complexe, M. Dewar affirme que si l'effet qu'ils décrivent est significatif à grande échelle, "les fondements de la science du climat en seraient bouleversés".