La grippe sévit parmi les jeunes

Alors qu’il y a deux semaines, les nouvelles contaminations par le virus de la grippe étaient majoritairement observées au sein de la population active des 20 à 49 ans, on constate au cours de cette dernière quinzaine que plus d’un patient sur deux (53 %) à présent infecté par le virus a moins de 20 ans, les personnes âgées restant très largement épargnées jusqu’ici.

Laurence Dardenne

Alors qu’il y a deux semaines, les nouvelles contaminations par le virus de la grippe étaient majoritairement observées au sein de la population active des 20 à 49 ans, on constate au cours de cette dernière quinzaine que plus d’un patient sur deux (53 %) à présent infecté par le virus a moins de 20 ans, les personnes âgées restant très largement épargnées jusqu’ici. C’est en effet ce qui ressort des données récoltées, dans leur pratique quotidienne, par une centaine de médecins du pays, et transmises sur un site créé à l’initiative du service de médecine générale de la Vrije Universiteit Brussel, en collaboration avec l’ULB.

Destinés cette fois au grand public, deux autres sites (www.testuwgriep.be et www.avez-vous-la-grippe.be) proposent aux visiteurs, conviés à préciser certaines caractéristiques personnelles (âge, sexe ) tout en gardant l’anonymat, de répondre à un test visant à déterminer si oui ou non, ils pourraient être atteints par la grippe, saisonnière ou A/H1N1. Les questions portent sur les symptômes : présentez-vous de la fièvre (température supérieure à 38 °), de la toux, des problèmes respiratoires, maux de tête et/ou de gorge, de la diarrhée, de la fatigue ?

Si plus de 61 000 visiteurs se sont déjà rendus sur le site, "35 000 ont répondu au test dans son intégralité. Au terme de celui-ci, il a été conseillé à 18 % d’entre eux, de se rendre chez leur médecin traitant", nous explique le Pr Dirk Devroey, initiateur du projet et chef de service du département de médecine générale à la VUB.

"A l’heure actuelle, il n’est pas encore possible de donner des explications définitives et précises au fait que les jeunes sont principalement touchés", nous explique entre deux consultations, "débordé par l’actuelle épidémie virale autre que la grippe", le Pr Pascal Semaille, qui assure la coordination de l’initiative côté francophone, "mais il est fort probable que ce soit plutôt une conjoncture résultant de différents éléments : les contacts avec d’autres jeunes dans les écoles favorisant la propagation du virus grippal; le fait que les enfants et jeunes adultes ont clairement été démontrés comme plus contagieux que les adultes. De plus, les jeunes n’ont pour la plupart jamais été en contact avec un virus grippal ni n’ont reçu de vaccination par le passé. Or on sait que, pour la grippe A/H1N1, cela augmente le risque de développer cette grippe." Aujourd’hui, alors que les tests visant à déterminer si l’on se trouve ou non en présence du virus A/H1N1 ne sont plus systématiquement effectués si ce n’est par des médecins vigies, on estime qu’un quart du total des patients présentant des symptômes grippaux sont des cas dus au nouveau virus.

Il faut également souligner que le pic épidémique de grippe est plus précoce, cette année. A ce propos, diverses raisons peuvent être évoquées, selon le Pr Semaille : "L e fait que le virus AH1N1 est nettement plus contagieux que les virus grippaux saisonniers, et les changements climatiques rapides (temps clément en septembre, plus frais et humide en octobre) favorisant la dissémination par nébulisation (voie aérienne) de la grippe."

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