Une solution face aux pandémies de grippe ?

Alors que la grippe A H1N1 a atteint sa phase pandémique en juin, il est temps de s’interroger sur son origine et sur les mécanismes mis en place pour se prémunir contre ce type d’infection. Pour ce faire, et dans le cadre de la campagne européenne "Animals + Humans = One Health", la DG Santé et Protection du consommateur tenaient vendredi une série de conférences. Notre dossier "Grippe A"

G.VB. (st.)
Une solution face aux pandémies de grippe ?
©AP

Alors que la grippe A H1N1 a atteint sa phase pandémique en juin, il est temps de s’interroger sur son origine et sur les mécanismes mis en place pour se prémunir contre ce type d’infection. Pour ce faire, et dans le cadre de la campagne européenne "Animals + Humans = One Health", la DG Santé et Protection du consommateur tenaient vendredi une série de conférences. L’objectif est de revenir sur le mécanisme de propagation du virus, d’analyser les erreurs faites par les spécialistes et de faire le point sur les réponses apportées par les pouvoirs publics depuis.

Le défaut de prévoyance de ce type de pandémie vient, selon Ilaria Capua, chercheuse au département Virologie de l’Institut de Venise, d’une conception erronée de la grippe. Il existe trois types de racines au virus de la grippe, à savoir les racines H1, H2 et H3. L’idée couramment admise jusqu’ici était qu’un homme immunisé contre le type générique du virus l’était également contre ces mutations. L’erreur a donc été de sous-estimer la grosse différence qu’apportait une mutation de ces souches grippales avec un virus animalier. Depuis 2004, une attention toute particulière est accordée par l’OMC au virus animalier, et ce afin d’avoir une longueur d’avance lors de l’apparition d’une nouvelle forme du virus. Les récentes pandémies de 2006 et 2009 ont toutes deux des origines animalières. Les premiers responsables sont les oiseaux migrateurs, qui lors de leur voyage, propagent un virus. Celui-ci est ensuite transmis à l’homme par des oiseaux d’élevage ou des porcs. On parle alors de grippe aviaire ou porcine.

La phase de propagation qui suit est le fruit de notre mode de vie actuelle et des nombreux échanges transnationaux. Par exemple, la grippe H5N1 apparue en 2006 en Asie frappe aujourd’hui encore des pays d’Afrique comme l’Egypte.

Face à cela, la communauté internationale n’est pas restée sans réponse. A travers l’OMC, le Programme de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la Santé animale, la coordination transnationale s’est développée. La difficulté principale à l’heure de mettre en place une réponse adéquate, c’est de parvenir à une approche similaire entre les différents niveaux de pouvoir et les secteurs de la société concernée. En effet, il s’agit d’agir rapidement et de manière coordonnée. La mise en place de canaux de communication tant entre chercheur qu’entre dirigeant est donc vitale.

A l’échelle européenne, la coordination s’est faite au niveau de la communication face aux médias et au public, de la vaccination, tant en ce qui concerne son opportunité que sa commande effective, et de l’aide aux pays du tiers-monde.

Toujours est-il que le virus se propage encore actuellement. Toutefois, ce qui est préoccupant, ce n’est pas tant la situation dans les pays développés où la vaccination a commencé. La situation africaine est plus délicate. Selon Samuel Muriuki, coordinateur régional "Influenza" pour l’Union africaine, ce continent est fort vulnérable tant par son mode de vie que par ses faibles infrastructures sanitaires. Comme souvent, les pays les plus pauvres risquent d’être les premières victimes.

Ce type de pandémie rappelle l’interdépendance tant entre les hommes, qu’entre ceux-ci et les autres espèces présentes sur la Terre.

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