Grippe A: On renégocie à la baisse

La polémique n’a pas la même ampleur qu’en France. Il faut dire que le nombre de personnes qui y ont été vaccinées contre la grippe A/H1N1 (5 millions) est ridiculement bas par rapport au nombre de doses commandées par l’Etat (94 millions). A peine plus de 5 %. Dossier: Grippe A

Grippe A: On renégocie à la baisse
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V.R.

La polémique n’a pas la même ampleur qu’en France. Il faut dire que le nombre de personnes qui y ont été vaccinées contre la grippe A/H1N1 (5 millions) est ridiculement bas par rapport au nombre de doses commandées par l’Etat (94 millions). A peine plus de 5 %. La campagne de vaccination connaît un meilleur rendement en Belgique. D’après les estimations, 1,5 million de Belges seraient déjà vaccinés contre le virus. Le gouvernement fédéral avait commandé 12,6 millions de doses du vaccin Pandemrix à la firme GSK. Plus de 10 % du stock ont donc déjà été utilisés.

Il fait cependant peu de doute aujourd’hui que la commande au géant pharmaceutique dépassera, et de loin, les besoins. Au total, 209 000 Belges ont contracté le virus depuis son apparition. Mais le nombre de nouveaux cas diminue de semaine en semaine. A peine un peu plus de 1 000 la semaine dernière. Depuis la mi-décembre, on ne parle d’ailleurs plus d’épidémie. Une seconde vague ne peut pas être exclue, surtout par période de grand froid. Les Etats-Unis en ont connu une. Mais on voit mal comment une nouvelle offensive du virus nécessiterait l’usage de l’entièreté de la commande.

Le gouvernement belge a d’ailleurs compris très tôt que le stock avait été trop généreusement constitué. Dès le mois de novembre, il offrait à l’Organisation mondiale de la santé un dixième de sa commande (1,26 million de doses) pour des pays qui n’avaient pas les moyens de se procurer des vaccins.

Et le solde ? GSK a fourni à ce jour 4,32 millions de doses - dont un peu plus de la moitié a déjà été acheminé dans le réseau médical. La firme pharmaceutique doit donc encore fournir 8 millions de doses pour honorer le contrat. Mais la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), va essayer de renégocier le contrat à la baisse. Elle espère ainsi soulager le trésor public mis à sec par la crise économique. Car les vaccins - 8 euros pièce - ne sont pas gratuits. Au total, il y en a pour 110 millions d’euros.

Le hic, c’est que le contrat ne comporte aucune clause de résiliation. Et on imagine bien que GSK ne va pas accepter de revoir la commande à la baisse sans exiger une compensation. Le directeur exécutif de GSK Benelux, Julien Brabants, confirme que des tractations sont en cours. Il ne veut rien en dire. Mais il fait remarquer qu’un vaccin, "c’est une culture". Sous-entendu : arrêter la production, cela comporte un coût.

Plusieurs pistes sont sur la table, dit-on. On peut penser que les deux parties conviendront d’étaler l’agenda de livraison du stock. Il faut savoir que le Pandemrix est constitué d’un antigène et d’un adjuvant. Or l’adjuvant, qui constitue 85 % du prix du vaccin, peut être utilisé pendant cinq ans, notamment si la souche, sous une forme mutante, devait revenir hanter les esprits.