Des soupçons qui pèsent de plus en plus lourd

Depuis le premier jour où a été identifié A/H1N1, on a le sentiment d’un incroyable cafouillage qui n’a cessé de s’amplifier au fil des mois et à tous les niveaux, à mesure que le virus, lui, ne progressait pas forcément - et heureusement - dans les proportions planétaires annoncées. Dossier: Grippe A

Des soupçons qui pèsent de plus en plus lourd
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L.D.

Depuis le premier jour où a été identifié A/H1N1, on a le sentiment d’un incroyable cafouillage qui n’a cessé de s’amplifier au fil des mois et à tous les niveaux, à mesure que le virus, lui, ne progressait pas forcément - et heureusement - dans les proportions planétaires annoncées. Parmi les nombreux sujets de discussion, sinon de polémique, on pointe d’un doigt de plus en plus accusateur le rôle des sociétés pharmaceutiques et depuis quelque temps celui de certains "experts" de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lesquels semblent entretenir de très étroites relations avec le lobby pharmaceutique.

C’est à tel point que le président de la Commission santé du Conseil de l’Europe, l’Allemand Wolfgang Wodarg a obtenu qu’une commission enquête sur de présumées pressions qu’ont pu exercer des entreprises pharmaceutiques lors du déclenchement de la pandémie. (La Libre du 7 janvier 2010)

N’hésitant pas à parler de "l’un des plus grands scandales médicaux du siècle" ou encore à crier à la "psychose organisée", ce médecin et épidémiologiste allemand a accordé au journal "L’Humanité" un entretien étonnant dans lequel il ne mâche pas ses mots, y allant de révélations et d’accusations parfois très lourdes. En fait, des soupçons, il en a eu dès le début, surpris qu’il a été par les chiffres avancés par l’OMS pour justifier la proclamation de la pandémie. "Les chiffres étaient très faibles et le niveau d’alarme très élevé, explique-t-il au quotidien français, on en était à même pas mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle. Et l’alerte extrême décrétée était fondée sur le fait que le virus était nouveau. Mais la caractéristique des maladies grippales, c’est de se développer très vite avec des virus qui prennent à chaque fois de nouvelles formes, en s’installant chez des nouveaux hôtes, l’homme, l’animal, etc. Il n’y avait rien de nouveau en soi à cela. Chaque année apparaît un nouveau virus de ce type "grippal". En réalité, rien ne justifiait de sonner l’alerte à ce niveau. Cela n’a été possible que parce que l’OMS a changé début mai sa définition de pandémie".

Par rapport à la dangerosité du virus, la population semble également avoir été leurrée. "On a prétendu que le virus était dangereux car la population n’avait pas pu développer de défense immunitaire contre lui, déclare-t-il, ce qui était faux pour ce virus. Car on a pu observer que les gens âgés de plus de 80 ans avaient déjà des anticorps". Autre "fait curieux" dénoncé par l’interviewé, la recommandation par l’OMS de procéder à deux injections pour le vaccin. "Ça n’avait jamais été le cas auparavant. Il n’y avait aucune justification scientifique à cela. Il y a eu aussi cette recommandation de n’utiliser que des vaccins brevetés particuliers". En réalité, pour le Président de la Commission santé du Conseil de l’Europe, il s’agit d’une grippe "tout ce qu’il y a de plus normal. Elle ne provoque qu’un dixième des décès occasionnés par la grippe classique".

Et de d’ajouter sans détour : "Tout ce qui importait et tout ce qui a conduit à la formidable campagne de panique à laquelle on a assisté, c’est qu’elle constituait une occasion en or pour les représentants des labos qui savaient qu’ils toucheraient le gros lot en cas de proclamation de pandémie". Une lourde accusation mais un processus rendu possible, toujours selon Wodarg par le fait qu’"un groupe de personnes à l’OMS est associé de manière très étroite à l’industrie pharmaceutique". D’où la Commission d’enquête visant à "faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre possible cette formidable opération d’intox". Affaire à suivre, comme qui dirait