Peut-on boire autre chose que de l’eau ?

Passer un mois sans manger, ce n’est pas un problème, mais nous ne tenons pas plus de quelques jours sans boire. L’eau est nécessaire aux fonctions vitales. Elle assure le maintien des structures cellulaires, la régulation du transit intestinal, l’élimination des déchets métaboliques,...

Michèle Dryepondt, Diététicienne-Nutritionniste
Peut-on boire autre chose que de l’eau ?
©Reporters / Photononstop

Passer un mois sans manger, ce n’est pas un problème, mais nous ne tenons pas plus de quelques jours sans boire. L’eau est nécessaire aux fonctions vitales. Elle assure le maintien des structures cellulaires, la régulation du transit intestinal, l’élimination des déchets métaboliques, la température corporelle, la régulation de la tension artérielle et de la fonction cardio-vasculaire, le fonctionnement cérébral, musculaire et osseux. Le sang mis à part, ce sont le cerveau et le cœur qui sont les plus riches en eau.

Or, nous perdons continuellement de l’eau par l’évacuation des déchets, la sueur et la respiration (nous éliminons de l’eau en expirant !). Les recherches ont montré que la sensation de soif est induite par l’organisme lorsqu’il est déjà déshydraté à 2 %. Une déshydratation, même légère, peut déjà s’accompagner de troubles, tels une baisse de la vigilance, des maux de tête, une augmentation de la fréquence cardiaque, et peut mener jusqu’à des états de confusion.

Les besoins en liquide sont différents selon les individus, le climat, l’activité physique. Les enfants sont très sensibles à la déshydratation. Les recommandations nutritionnelles pour la population belge suggèrent une consommation de 1l à 1,5l d’eau entre 1 et 6 ans, 1,5 à 2 l entre 6 et 14 ans. Par ailleurs, la soif est un mécanisme qui s’altère avec l’âge. Ainsi, les personnes âgées - dont la fonction rénale est, de plus, diminuée - doivent veiller à boire sans soif tout au long de la journée.

Si l’eau, de préférence peu minéralisée (et celle du robinet est, en principe, tout à fait valable en Belgique), reste le liquide de prédilection de notre organisme, elle peut être partiellement remplacée par d’autres boissons. Le café, le thé et la tisane trouvent leur place à ce niveau. Mais ils ne sont pas dénués de principes actifs. La caféine, présente dans le café et le thé (dans ce cas, appelée aussi "théine"), est diurétique et cet effet est renforcé dans le thé par la présence de théobromine et de théophylline. Des effets pervers de la caféine (si ce n’est l’accoutumance) ne sont pas scientifiquement démontrés pour une consommation maximale de 300mg/jour (voir tableau). Le thé vert est plus riche en antioxydants que le thé noir, parce qu’il n’est pas fermenté. Il contient moins de caféine et est plus tonifiant.

Les tisanes, en infusion ou décoction, ne contiennent pas ces substances, et peuvent, en fonction de la plante, prodiguer des effets particuliers. Par exemple, la menthe poivrée est digestive, la passiflore apaisante, le thym désinfectant, tandis que la vigne rouge active la circulation sanguine.

Bref, si en hiver notre préférence va plus à la boisson chaude qu’à l’eau, celle-ci doit néanmoins rester la source liquide la plus importante.