PIP: plusieurs centaines de patientes belges

De jour en jour, le dossier des prothèses mammaires de la société française Poly Implant Prothese (PIP) grossit, se précise et se complexifie à la fois.

PIP: plusieurs centaines de patientes belges
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L.D.

De jour en jour, le dossier des prothèses mammaires de la société française Poly Implant Prothese (PIP) grossit, se précise et se complexifie à la fois.

Ainsi, jusqu’à présent demeuré mystérieux, le nombre de patientes qui pourraient être concernées par ces produits en Belgique a pour la première fois été cité. Du moins un nombre. Sur base des informations communiquées par l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) à propos des clients de la société PIP, et de l’information recueillie auprès de 19 points de contact belges identifiés de la sorte, l’Agence (belge) des médicaments et des produits de santé (AFMPS) estime à ce jour que 674 prothèses, au moins, ont été implantées chez des patientes, en Belgique (NdlR : soit près de 340 patientes concernées au moins) , "sans garantie cependant quant à l’exactitude de cette estimation, ni de précision quant à la nationalité des personnes implantées" , nous a-t-on indiqué au cabinet de la ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS), qui, par ailleurs, ne dispose pour l’instant d’aucune information quant à la présence en Belgique de prothèses PIP pour les testicules et les pectoraux.

En ce qui concerne le nombre d’incidents notifiés à l’AFMPS, il était toujours de 4, lundi, une patiente ayant par ailleurs informé l’Agence de sa volonté de procéder à une explantation préventive (LLB du 9 janvier 2011).

Entre autres nouveaux éléments communiqués à l’Agence des médicaments, il y a le fait que la société PIP semble avoir également fourni jusqu’en 2009 des prothèses à une société hollandaise, dénommée Rofil, que celle-ci commercialisait sous son propre nom. A cette société, qui a déposé le bilan en février 2009, a succédé Philodermic Aesthetics dont le bilan a été déposé en avril 2011. " Actuellement, une filiale de Rofil a toujours des activités à Chypre et commercialise des implants sous le nom commercial de M-Implant , nous a encore précisé la porte-parole de la ministre Onkelinx. L’AFMPS procède actuellement aux investigations nécessaires à cet égard, en collaboration avec ses homologues européennes ."

Qu’en est-il dès lors des recommandations pour les patientes ? S’il s’agit d’une prothèse fabriquée par la société PIP (et le cas échéant commercialisée par la société Rofil ou Philodermic Aesthetics ou M-Implant), étant donné les risques déjà évoqués de rupture, suintement et inflammation, les recommandations restent celles précédemment émises par l’AFMPS et déjà évoquées dans nos colonnes. A savoir : vis-à-vis des médecins qui ont implanté de telles prothèses mammaires, renforcer le suivi habituel des patientes concernées; vis-à-vis des femmes porteuses de telles prothèses mammaires et qui ont des doutes, consulter le médecin qui les a implantées, leur gynécologue ou leur médecin généraliste. Si dans l’intervalle, ces femmes observent une modification de la forme et de la consistance du sein, une douleur, une inflammation ou une rougeur, il leur est conseillé de directement consulter leur chirurgien qui procédera alors au retrait de la prothèse.

Et pour ce qui concerne le remboursement ? Au cabinet de la ministre Onkelinx, il nous a été répondu : "L ’explantation pour complication documentée est remboursée sans autorisation préalable du médecin conseil, pour autant bien entendu que le médecin qui y procède soit conventionné. Comme pour tout autre remboursement, les suppléments d’honoraires qui seraient réclamés par le praticien ne sont pas couverts. La réimplantation n’est quant à elle remboursée que si l’implantation initiale faisait elle-même déjà l’objet d’un remboursement ."

La ministre de la Santé a annoncé qu’elle lancera un nouveau plan d’actions, lequel sera discuté dès ce mardi entre les différents acteurs concernés (SPF Santé publique, Inami, KCE, Agence fédérale des médicaments et produits de santé, Société royale de chirurgie plastique, etc.). " L’objectif de la ministre est avant tout d’assurer une meilleure identification et un meilleur contrôle des dispositifs médicaux implantables (donc pas seulement les prothèses mammaires, et sans distinguer selon que l’implant fait ou non l’objet d’un remboursement), par le biais notamment d’une obligation d’enregistrement des dispositifs qui sont implantés chez un patient , a fait savoir le cabinet. Des contrôles aléatoires et réguliers de ces dispositifs, ainsi que des fabricants sur le territoire belge seront également généralisés. Ces mesures devront par ailleurs faire appel à un financement émanant du secteur privé ."

Ces mesures devant faire l’objet de modifications législatives, la date de mise en application du plan d’actions, qui sera discuté ce mardi, reste difficile à estimer.

Voir aussi nos informations en pages Ripostes, pp. 52-53.

Un call center sera mis à disposition dès mercredi par le SPF Santé comme point de contact unique pour fournir toutes les informations relatives à cette problématique : 02.524.97.97. Autres infos sur le site de l’Agence des médicaments et produits de santé (www.fagg-afmps.be).


24 appels au call center du SPF Santé publique Le call center du SPF Santé publique a reçu mardi 24 appels pour des questions sur les prothèses mammaires PIP (Poly Implant Prothese). "Nous n'avons pas été submergés", constate une porte-parole mardi. Les appelants s'interrogeaient notamment sur la manière de connaître la marque des prothèses implantées, sur les risques potentiels liés à d'autres marques ou sur le remboursement par les autorités. La ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS), a annoncé lundi que le retrait d'une prothèse sera remboursé sans autorisation préalable du médecin conseil si le chirurgien en motive la nécessité. Le placement de nouvelles prothèses ne sera par contre remboursé que s'il est réalisé pour des raisons médicales et non pour des raisons esthétiques. Au moins 674 prothèses mammaires PIP ont été implantées en Belgique, ce qui concerne donc environ 350 personnes. Le call center du SPF Santé publique est accessible via le numéro 02/524.97.97.

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