Eloignons ces petits des pesticides

Une étude démontre les effets néfastes de mélanges de substances couramment utilisées. Il existe des alternatives, rappelle le SPF Santé.

Eloignons ces petits des pesticides
©Science Photo Library
L.D.

Pyrimethanil, cyprodinil et fludioxonil : mélangés, ces pesticides couramment utilisés peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Une étude, menée par l’Université d’Aston en Angleterre et subventionnée par Antidote Europe, a, en effet, récemment démontré qu’utilisés en combinaison ou même de manière isolée, ces fongicides peuvent induire du stress oxydant et des modifications du devenir des cellules. "Ils peuvent aussi interférer avec des processus cellulaires basiques comme celui de la production d’énergie, explique le Pr Michael Coleman, responsable de l’étude. Ces effets ont été mis en évidence à des concentrations proches de celles trouvées dans nos aliments". Par ailleurs, d’une étude menée par l’Université catholique de Louvain, il ressort qu’une exposition fréquente ou abondante aux pesticides (produits phytopharmaceutiques et biocides) des enfants, avant leur naissance ou en bas âge, pourrait contribuer au développement de leucémies infantiles. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’UCL se sont basés sur les données provenant de différents pays. C’est ainsi qu’ils ont pu mettre en évidence un lien possible entre l’exposition aux pesticides pendant la grossesse ou au cours des premières années de la vie et la leucémie infantile, plus grave encore s’agissant de pesticides utilisés à l’intérieur de la maison.

Voilà qui n’est guère rassurant. La semaine sans pesticides, qui s’est déroulée au printemps dernier, fut l’occasion de diffuser dans la presse ainsi qu’auprès de nombreuses associations de médecins une communication relative à la nécessité de limiter l’exposition aux pesticides des jeunes enfants ainsi que des enfants à naître.

Cette information à l’attention des particuliers et des professionnels, qui contenait notamment une série de mesures pratiques à mettre en œuvre afin d’éviter l’exposition des personnes particulièrement vulnérables que sont les petits et les fœtus in utero, était notamment basée sur cet article scientifique à présent diffusé à un plus large public.

Etant donné la portée de cette information, le SPF Santé publique a souhaité une fois encore attirer l’attention sur cette problématique.

Ainsi, sur son site Internet, dans la rubrique "Actions de sensibilisation", sont proposées diverses solutions concrètes alternatives à l’utilisation de pesticides.

Au chapitre des mesures préventives, le SPF recommande ainsi d’utiliser des moustiquaires plutôt qu’un aérosol, de nettoyer régulièrement la maison pour éviter les insectes nuisibles, d’obturer interstices et fentes de la maçonnerie pour tenir les fourmis éloignées de la maison, de placer des pièges à insectes ou encore de laver séparément les vêtements utilisés lors des traitements avec pesticides.

Plus sensibles aux pesticides que les adultes, les enfants peuvent en outre être davantage en contact avec ces substances nocives : qu’ils jouent par terre dans l’herbe, portent facilement à la bouche les objets, caressent un chien avec un collier antipuces

"Et si, malgré tout, vous utilisez des pesticides pendant la grossesse ou dans l’environnement de jeunes enfants, faites-le avec modération et suivez scrupuleusement la notice d’emploi et les mesures de précaution afin de réduire autant que possible les risques pour la santé", prévient encore le SPF Santé publique.

Pour plus d’infos : www.prpb.be, pour consulter le plan de réduction des pesticides et des biocides.