Le Sida à Kinshasa, un drame ignoré

En RDC, de nombreux facteurs, parmi lesquels la croyance en des faits de sorcellerie, découragent les malades à se faire dépister et à demander l’accès au traitement. Découvrez le reportage photo de Gaël Turine.

J. Lgg.
Le Sida à Kinshasa, un drame ignoré
©Gael Turine

En République Démocratique du Congo, les conditions d’accès aux soins des personnes vivant avec le sida sont catastrophiques. Au Centre hospitalier de Kabinda, à Kinshasa, l’unique centre dédié au sida dans la capitale, les équipes de Médecins Sans Frontières voient arriver de nombreux malades avec des complications graves qui entraînent des souffrances inacceptables. Ceci est dû à un accès trop tardif au traitement antirétroviral (ARV), seul traitement permettant d’améliorer significativement la qualité et la durée de vie des personnes vivant avec le VIH.

Malheureusement, de nombreux facteurs découragent les malades à se faire dépister et à demander l’accès au traitement. Les coûts imposés dans d’autres centres de santé, la méconnaissance et la stigmatisation qui entourent la maladie, la croyance en des faits de sorcellerie et aux soins traditionnels ou encore l’insuffisance de tests de dépistage, voire l’insuffisance de médicaments eux-mêmes, sont les principales barrières que les personnes rencontrent pour accéder à un traitement vital pour elles.

On estime actuellement à plus d’un million le nombre de séropositifs en RDC dont 435.000 devraient bénéficier d’ARV. Or, aujourd’hui, seuls 12% d’entre eux reçoivent ce traitement.

Pourtant, en dépit de ces indicateurs déplorables, la RDC ne bénéficie pas d’un degré de priorité auprès des bailleurs de fonds. Pire encore, certains se retirent. Un désengagement qui met directement en danger la vie de milliers de personnes...

Un reportage photo de Gaël Turine (MSF-B / Agence VU).


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