Eclaircissement de la peau, une mode qui crée la polémique

L’éclaircissement de la peau est une pratique qui n'est certe pas récente, mais dont la pratique ne fait que s'accroître. En plus d'être nocifs pour la santé, ces produits témoignent surtout d'un complexe qui n'a pas lui d'être. La comercialisation du produit 'Khess Petch' au Sénégal relance le débat.

Morgan Liesenhoff (st)
Eclaircissement de la peau, une mode qui crée la polémique
©Photo News

L’éclaircissement de la peau est une pratique qui n'est certes pas récente, mais dont la pratique ne fait que s'accroître en Europe, aux Etats-Unis et surtout en Afrique. En plus d'être nocifs pour la santé, ces produits témoignent surtout d'un complexe qui n'a pas lieu d'être. La commercialisation du produit 'Khess Petch' au Sénégal relance le débat.

"'Toute blanche', c’est la traduction de l’expression en wolof 'Khess Petch', du nom d’une toute nouvelle crème aux vertus prétendument éclaircissantes", peut-on lire sur le site de France 24. Alimentant un débat virulent sur le web depuis son apparition, cette crème éclaircissante est même à l'origine d'une pétition. En ligne depuis le 8 septembre et ayant récolté plus de 1000 signatures, elle appelle le ministère de la Santé à agir contre ce produit jugé nocif.

Les crèmes éclaircissantes sont connues pour faire apparaître des vergetures, boutons, poils, risques d’hypertension et du diabète. Mais 'Khess Petch' semble être encore plus dangereuse: des dermatologues lui attribueraient une forte dose de corticoïde, "un composant qui ne devrait être prescrit que par des professionnels de la santé dans le cas de sévères maladies de peau", ajoute le site français."Les personnes qui en font usage régulièrement peuvent souffrir de démangeaisons, de varices et de tâches mais aussi d’une forte dépendance à cause de leur pénétration dans le sang."

Mais pourquoi être prêt à prendre de tels risques? La blancheur de la peau est associée en Afrique à la réussite sociale et économique. Pour expliquer cet absurde préjugé, plusieurs théories sont évoquées. La bloggeuse Fatou s'exprime sur ce "fléau", comme elle l'appelle, sur son blog BlackBeautyBag: "Il y a les séquelles de l’esclavage et la colonisation. D’un point de vue psychologique, ce passé a laissé des séquelles chez beaucoup de personnes".

Si les mentalités ne peuvent changer d'un coup de baguette magique, il est important d'agir pour les faire évoluer. Il existe un racisme, une discrimination, au sein même de la communauté africaine et il faut cesser de l'ignorer. Des initiatives existent, comme le documentaire ci-dessous Dark Girls, mais pas suffisamment.