Plan VIH: "Une avancée certaine, mais nous sommes inquiets pour les sans-papiers"

Médecins du Monde se réjouit du Plan VIH 2014-2019 mais a exprimé toutefois mercredi, via un communiqué, ses inquiétudes quant à l'accès concret des sans-papiers aux traitements médicamenteux.

Plan VIH: "Une avancée certaine, mais nous sommes inquiets pour les sans-papiers"
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Médecins du Monde se réjouit du Plan VIH 2014-2019 mais a exprimé toutefois mercredi, via un communiqué, ses inquiétudes quant à l'accès concret des sans-papiers aux traitements médicamenteux. Le plan fédéral de lutte contre le sida, présenté mardi, a pour but de concentrer les efforts liés au dépistage et aux traitements principalement sur deux groupes cibles vulnérables, soit les homosexuels et les migrants. 

"Le plan ne comprend pas de mesures concrètes pour ces derniers en ce qui concerne l'accès au suivi", tempère Stéphane Heymans, responsable des projets belges auprès de Médecins du Monde. "Dans l'ensemble, ce plan fédéral est une véritable avancée que nous saluons", précise Stéphane Heymans. "Notre inquiétude concerne l'accès au traitement pour les migrants sans-papiers. Théoriquement, ils doivent pouvoir être pris en charge par l'AMU (Aide Médicale Urgente), mais pour y avoir accès il faut d'abord passer par le CPAS. Or, chaque CPAS a sa propre pratique en cette matière, et les procédures administratives demandées peuvent représenter un délai d'attente conséquent, pendant lequel le patient n'a pas accès aux médicaments dont il a besoin."

Médecins du Monde plaide dès lors pour une réforme de l'AMU, dont le système est "extrêmement compliqué". Dans l'attente d'une telle réforme de l'Aide Médicale Urgente, l'association évoque la possibilité d'un fonds sida pour les personnes sans couverture médicale, comme il en existe pour la tuberculose. "Un fonds sida, en remboursant les médicaments de ceux qui n'ont aucune couverture, éviterait les interruptions de traitement et de suivi auxquels ces patients sont exposés face aux barrières administratives de l'AMU", explique Stéphane Heymans.

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