L'Herpès, traçabilité de l'espèce humaine?

Une étude, publiée récemment par l'Université du Wisconsin, valide les théories anthropologiques de la migration humaine en suivant les traces de l'herpès chez les individus venant du monde entier.

L'Herpès, traçabilité de l'espèce humaine?
©© 2013 Kolb et al
Chastagner (st.)

La nouvelle n'est pas très alléchante au premier abord. L'herpès, ce prédateur qui perdure depuis des années, est au centre d'une étude sur l'origine de l'homme. Cette nouvelle recherche, réalisée par des spécialistes de l'Université du Wisconsin, est basée sur une analyse génomique de souches de l'herpès, dit simplex virus de type-1, en provenance du monde entier. Il correspond plus généralement aux boutons de fièvres.

L'herpès est le virus idéal pour ce genre d'analyse. Il se récolte facilement et se transmet par simple contact physique. Autant dire qu'une bise est le ticket d'entrée pour voyager de famille en famille. Le cauchemar de certains aurait donc fait le bonheur de quelques chercheurs.

Les généticiens établissent les liens entre les organismes en observant les éventuels changements dans la séquence de base dans les gènes. En prenant en compte la rapidité des changements intervenus dans un génome, ils peuvent construire un "arbre généalogique" à partir d'un ancêtre commun.

"Les souches virales se répartissent exactement comme on l'aurait prédit selon le séquençage des génomes humains. Toutes les souches africaines se rassemblent, tous les virus orientaux, de la Corée, du Japon, de la Chine se sont rassemblés, tous les virus d'Europe et d'Amérique, à une exception près, se sont regroupés", affirme Curtins Brandt, professeur de microbiologie et co-auteur de l'étude.

"Nos trouvailles suivent exactement ce que les anthropologues nous ont dit, et ce que nous ont dit les généticiens moléculaires qui ont analysé le génome humain, sur l'endroit d'où les humains sont originaires et sur la façon dont ils se sont étendus à travers le globe", explique-t-il en se basant sur les résultats obtenus

Nos ancêtres proviennent du continent africain. Selon les souches de l'herpès, les populations se sont propagées en direction de l'est vers l'Asie et à l'ouest vers l'Europe, tout en se diversifiant chez son hôte humain. 

Les scientifiques ont trouvé une souche de l'herpès dans l'Etat du Texas lié à la famille est-asiatique du virus. Ils affirment que l'évolution de cette souche et ses cousines est d'environ 15.000 années. Cela correspond à la période où le continent nord-américain a été peuplé par l'Asie. Les résultats coïncident avec les données anthropologiques et génétiques qui affirment que l'homme provient d'Afrique et qu'il s'est par la suite propagé sur terre. 

Les premières populations qui sont parties à la découverte du globe auraient donc emporté avec elles, des petits boutons de fièvre. 

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