La voiture électrique spectaculaire de Nissan

BladeGlider, spectaculaire concept de voiture électrique, a été présenté par Nissan au Salon de Tokyo. La marque persiste donc sur la voie de l'électrique.

Yves de Partz
La voiture électrique spectaculaire de Nissan
©Beyazgazete.com

Alors que Toyota a annoncé au Salon de Tokyo faire l’impasse sur la voiture électrique, Nissan va augmenter la production de la Leaf aux Etats-Unis, a présenté un spectaculaire concept BladeGlider électrique au Japon et fera rouler une ZEOD RL utilisant la même technologie aux prochaines 24 Heures du Mans.

Evoquant l’avenir de la voiture électrique, Stéphane Chauville, Directeur Général de Nissan Belux, aime rappeler une citation du Maréchal Foch à qui on présentait les premiers avions au début du siècle dernier: "il s’agit de jouets sans aucun intérêt militaire!"

Plus sérieusement, pour ce cadre qui a fait toute sa carrière dans l’automobile et notamment chez Ford, Saab et General Motors, "personne n’a totalement tort ou raison dans ce débat autour de la voiture électrique. Selon nos études, le marché automobile n’évoluera guère dans les années à venir, sauf si tout le monde s’y met pour faire progresser le concept, y compris les gouvernements dont on dépend totalement pour booster le marché avec des incitants fiscaux comme en Norvège. La limitation des rejets de CO2 ou l’évolution de la circulation urbaine plaident pour le moteur électrique qui pourrait monopoliser 7 à 10% des ventes. La question reste de savoir dans quel timing ces objectifs pourront être atteints en fonction aussi des infrastructures à mettre en place. Nous avons donc choisi dès le départ de délaisser les modèles hybrides pour forcer l’électrique. Et de toutes façons, cela n’aurait guère d’intérêt de concurrencer Toyota qui a une longueur d’avance."

En pratique, la berline Leaf reste le modèle de référence (87.000 exemplaires), notamment au Japon (30.000 cette année) et aussi sur le marché américain où un assemblage local va permettre d’augmenter la production après avoir doublé les ventes (18.078 de janvier à fin octobre 2013). En Belgique, l’objectif est d’écouler 250 exemplaires en 2014, au lieu d’une bonne centaine cette année. Entre-temps, le modèle a bénéficié d’une série d’aménagements et le prix a été revu à la baisse même s’il atteint toujours les 30.000 € chez nous en l’absence d’aide gouvernementale.

S’y ajoutera dans quelques mois le e-NV200 utilisant la technologie Leaf (700 kg de charge, 80 kW, 160 km d’autonomie). Ce petit véhicule utilitaire sera exposé au prochain Salon de Bruxelles en janvier, tout comme la ZEOD RL capable d’atteindre 300 km sur un tour aux prochaines 24 Heures du Mans avec une pollution zéro (même si elle bénéficiera quand même d’un petit moteur thermique). Faut-il rappeler que le constructeur japonais fait partie de l’Alliance Renault-Nissan dont le PDG Carlos Ghosn reste le chantre de la voiture électrique?

Autre évolution: après avoir été le spécialiste des 4X4 (Murano, Pathfinder, Navara…), Nissan devient celui des SUV plus softs , en tout cas sur le marché européen où les gros véhicules tout terrain n’ont plus la cote. Il vient ainsi, aux côtes de Juke et de X-Trail, de renouveler son Qashqai à succès qui sera construit sur une toute nouvelle plate-forme de l’Alliance. Sans renoncer à des carrosseries plus classiques: à côté des Micra et Note est attendue une berline du segment C (celui de la VW Golf) indispensable dans le créneau de véhicules de société. Quant à la voiture électrique, dit-on en guise de conclusion provisoire chez Nissan, " nous avons deux ans d’avance sur nos concurrents utilisés notamment dans la formation et le développement de notre réseau spécifique. "

Le point aux alentours de 2020, lorsque le marché de la voiture électrique sera prêt ou non à décoller dans des proportions à définir, entre les 2% cités dans une étude de l’équipementier Bosch, les 3 à 4% prévus par les marques allemands et la fourchette très optimiste (jusqu’à 10%) de Carlos Ghosn.