Ebola : Profil d'un tueur en série très efficace

Le virus Ebola a tué 61 personnes depuis janvier en Afrique. C'est l'une des maladies les plus agressives pour l'homme. Le taux de mortalité peut aller jusqu'à 90% et il n'existe pas de traitement.

So. De (avec AFP)
Ebola : Profil d'un tueur en série très efficace
©REPORTERS

C’est l’un des virus les plus mortels et des plus contagieux, pour lequel il n’existe aucun vaccin ou remède. Et Ebola connaît une nouvelle explosion. Au lendemain de la découverte de cas suspects de fièvre hémorragique au Liberia, la bataille s’intensifiait, mardi, en Guinée, épicentre de l’épidémie, pour éviter à tout prix sa propagation.

De janvier au 23 mars, au moins 61 personnes sont mortes en Guinée de fièvre hémorragique, plusieurs des 87 cas identifiés ayant été confirmés comme étant dus au virus Ebola. L’épidémie s’est déclarée dans des régions du sud de la Guinée proches des frontières avec la Côte d’Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone. "Les communautés locales sont effrayées par le virus", témoigne Mamady Dramé, gestionnaire du programme de l’ONG Plan à Macenta, en Guinée forestière, zone la plus affectée par le virus. "Certaines personnes ont préféré partir pour Conakry."

"La maladie peut facilement voyager"

Lundi, l’épidémie a franchi la frontière avec le Liberia où six cas de fièvre hémorragique suspectée d’avoir été provoquée par Ebola ont été détectés dans le nord de ce pays, dont cinq mortels, sur des personnes qui revenaient de Guinée. Selon Médecins sans frontières, très active depuis la révélation la semaine dernière de l’épidémie, "la priorité, c’est d’identifier les personnes ayant été en contact avec les cas suspects ou confirmés, pour les suivre et les isoler si elles présentent des symptômes".

Les pays ayant une frontière avec la Guinée, dont le Mali, le Sénégal, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, ont réactivé leurs systèmes de surveillance épidémiologique. "Nous sommes inquiets. La maladie peut facilement voyager. Les animaux (qui véhiculent le virus) ne connaissent pas de frontière", a observé Simplice Dagnan, de l’Institut national d’hygiène publique de Côte d’Ivoire. Le seul moyen de lutter contre la propagation de l’épidémie est lié à la prévention, à l’information des populations et au confinement des malades, ce à quoi travaillent activement le ministère guinéen de la Santé et les organisations internationales. Selon MSF, il est aussi essentiel de pouvoir analyser les nouveaux échantillons sur place, raison pour laquelle des labos mobiles sont en train d’arriver en Guinée.