Ebola: portrait d'un tueur fragile

Le virus fait trembler le continent africain avec plus de mille décès cette année. Son taux de mortalité est élevé même s'il reste relativement fragile.

Ebola: portrait d'un tueur fragile
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J.C.

Le virus Ebola est âgé de 38 ans mais il est revenu au cœur de l'actualité depuis la nouvelle épidémie qui a fait plus de mille morts dans quatre pays (Guinée, Sierra Leone, Liberia et Nigeria) depuis le début de l'année 2014. Son taux de mortalité et l'absence de traitement reconnu le rendent effrayant même si le risque d'une épidémie mondiale est faible.


Ebola: un ver géant

En 1976, de nombreux citoyens de la ville de Yambuku, au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), sont touchés par une fièvre brutale. Des médecins parviennent à identifier le virus et lui donnent le nom de la rivière voisine: Ebola. Il s'agit d'un virus géant qui ressemble à un ver lorsqu'il est observé au microscope. L'équipe internationale de médecins réussit à mettre fin à cette première épidémie qui a fait 602 morts au Zaïre et au Soudan.

L'origine précise du virus est toujours inconnue même si certaines espèces de chauves-souris d'Afrique centrale pourraient être à la base de la transmission d'Ebola à la race humaine. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, la contamination à l'homme peut découler de la manipulations d'animaux malades ou morts dans la forêt tropicale.



La contamination entre êtres humains

La transmission d'homme à homme se fait par contact direct avec des liquides organiques contaminés, comme le sang ou la salive. Vu ce type de contagion, les personnes affectées doivent éviter tout rapport sexuel. Elle peut également se transmettre par des objets infectés comme des seringues. Les rites funéraires sont aussi des foyers de propagation importants puisque les proches entrent en contact avec le défunt.

Le personnel médical se retrouve évidemment, lui aussi, exposé au risque de contamination lors de l'hospitalisation des patients. C'est pourquoi, il doit porter une combinaison imperméable.

Des traitements sont expérimentés mais aucun vaccin homologué n'existe à ce jour. Le traitement le plus souvent prescrit a pour objectif de soigner des symptômes comme la déshydratation ou la diarrhée.

Dans 60 à 90% des cas, le virus est fatal au patient.

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Terrifiant mais fragile

Même si Ebola fait peur à tout le continent africain, il reste un virus relativement fragile comparé à d'autres maladies comme le choléra, la malaria ou le sida. Ebola ne se transmet pas dans l'air et, au-dessus de 60 degrés, il peut disparaître en 30 minutes. Des mesures hygiéniques (détergent, savon, eau, javel,...) peuvent aussi en venir à bout.

C'est pourquoi, une épidémie dans des pays où les mesures d'hygiène sont importantes et les soins de santé performants est peu probable.


Un bilan à mettre en perspective

En 38 ans, Ebola a tué 2.500 personnes. En comparaison, le sida a fait 36 millions de morts en 31 ans. Selon les chiffres de l'OMS, la tuberculose a fait 1,3 million de victimes en 2012 et le paludisme 627 000 morts. Si Ebola inquiète aujourd'hui c'est surtout à cause de son taux de mortalité très élevé. Il est de plus de 50% à très court terme. Seules certaines méningites aiguës ont un taux de létalité aussi important.

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