Les médecins belges trop généreux en somnifères

En cas de troubles du sommeil, 94% des médecins du pays prescriront des médicaments à leur patient, selon une étude menée par Test-Achats.

Belga
Les médecins belges trop généreux en somnifères
©Bauweraerts

En cas de troubles du sommeil, 94% des médecins du pays prescriront des médicaments à leur patient, selon une étude menée par Test-Achats, présentée vendredi à Bruxelles. Si certains d'entre eux préfèreront conseiller la prise d'un traitement à base de plantes, 69% opteront, dès la première visite, pour un somnifère. Les enquêteuses de Test-Achats avaient toutes le même profil: une femme en bonne santé, entre 52 et 62 ans, qui ne souffre pas de dépression ni d'angoisse et qui ne prend pas de médicaments. Les "candidates mystères" se présentaient comme ayant déjà eu des nuits perturbées et dont les récentes insomnies pouvaient être dues à un changement neuf.

L'étude, menée auprès de 100 médecins en Belgique, rapporte que, confrontés à un patient souffrant de troubles du sommeil, 69% des professionnels prescriront dès la première visite un somnifère, et 7 autres pour cent opteront immédiatement pour un antidépresseur, bien que le "malade" ne présente aucun signe d'angoisse.

Un constat alarmant, selon Test-Achats, puisque même si 68 médecins sur 100 ont posé suffisamment de questions visant à cibler l'origine des troubles du sommeil, seuls 11% d'entre eux ont donné plusieurs conseils pouvant aider à passer une meilleure nuit, tandis que 63% n'en ont prodigué aucun.

L'étude de Test-Achats pointe également que 26 médecins sur les 69 ayant prescrit des somnifères n'ont donné aucune information concernant notamment la posologie maximale ou encore les risques de dépendance qui découlent d'une telle médication.

"Les médecins généralistes ne respectent pas suffisamment les directives médicales", déplore Test-Achats, rappelant une étude publiée en 2013 sur les pilules contraceptives menant aux mêmes conclusions. A l'époque, des jeunes filles s'étaient rendues chez 77 généralistes afin de se faire prescrire leur première contraception. Il en était ressorti que plus d'un tiers des médecins n'avait pas pris la tension de la jeune femme, étape pourtant obligatoire, avant de lui prescrire une pilule et qu'ils étaient également 33% à opter pour des pilules de nouvelles générations, pourtant plus chère mais pas plus efficaces que celles de deuxième génération, selon Test-Achats. Enfin, seuls un peu plus de la moitié des médecins (60%) posait suffisamment de questions relatives à la santé et l'hygiène de vie (antécédents familiaux, fumeuse, cycle menstruel, ...) de la patiente.

L'association de défense des consommateurs invite désormais les autorités publiques à contrôler et faire un suivi du comportement prescriptif des somnifères, ainsi qu'à définir des indicateurs de qualité permettant "d'évaluer systématiquement la manière dont les médecins s'acquittent de leur tâche". Enfin, Test-Achats appelle les entreprises pharmaceutiques à commercialiser de plus petites boîtes de somnifères, conformes à une utilisation de courte durée.