Reconstruction mammaire: "Il n'y a plus eu de contact avec la ministre depuis avril"

La ministre de la Santé Maggie De Block avait annoncé son intention de prendre des "mesures complémentaires" s'il s’avérait que les hôpitaux et chirurgiens persistaient à exiger des suppléments de plusieurs milliers d'euros pour la reconstruction mammaire autologue. Elle affirmait également qu'un accord a été scellé il y a trois mois.

Belga
Reconstruction mammaire: "Il n'y a plus eu de contact avec la ministre depuis avril"
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Il n'y aurait plus eu de contact entre la ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block et les chirurgiens depuis le mois d'avril et encore moins un accord, a réagi jeudi Gaëtan Willemart, président et membre titulaire de la Société Royale Belge de Chirurgie Plastique (RBSPS) et de l'Association Professionnelle Belge des médecins Spécialistes en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (GBS).

Plus tôt, la ministre a annoncé son intention de prendre des "mesures complémentaires" s'il s'avère que les hôpitaux et chirurgiens persistent à exiger des suppléments de plusieurs milliers d'euros pour la reconstruction mammaire autologue. Elle affirme également qu'un accord a été scellé il y a trois mois au sein de la commission médico-mutuelliste, ce que les chirurgiens démentent. "Je suis très étonné par la réaction de la ministre De Block", indique Dr. Willemart. "Mais si elle prend ces mesures, cela entraînera le fait que les chirurgiens ne pratiqueront plus cette opération qui est très complexe techniquement et qui exige cinq à six heures avec l'implication de plus d'un chirurgien plasticien. Les médecins se tourneront, au vu des conditions, vers des opérations plastiques plus simples."

Dr. Willemart ajoute qu'il n'y a eu aucun accord avec les chirurgiens, contrairement à ce que Mme De Block avançait jeudi matin. "Il n'y a plus eu de contact depuis le mois d'avril."

Le sous-financement du code de la reconstruction du sein par un DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator), soit le lambeau de peau et de graisse prélevé sur l'abdomen, a été confirmé par une étude approfondie du KCE, selon lui. "A partir de ce moment, il y eut en effet de longues négociations auxquelles nous avons participé. Nous n'étions pas loin d'aboutir à un accord juste et équitable, qui prévoyait de doubler la valeur du code pour qu'enfin celui-ci soit correct, en regard de la difficulté technique et du temps opératoire requis. Malheureusement le 20 avril, nous avons été informés que cela se ferait dans le cadre d'un accord particulier, parallèle à la nomenclature traditionnelle, avec en sus des conditions strictes qui sont pour certaines inadéquates, injustes ou même infamantes. Depuis lors, nous n'avons plus été écoutés et encore moins impliqués."