Une équipe de la VUB identifie des cellules capables d'induire des réponses immunitaires contre des tumeurs

Une équipe de la VUB identifie des cellules capables d'induire des réponses immunitaires contre des tumeurs
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Laurence Dardenne

Un nouveau pas vient d'être franchi, cette fois par des chercheurs de l'Institut flamand de biotechnologie (VIB), dans le domaine de l'immunothérapie, traitement prometteur qui vise à stimuler le système immunitaire du patient contre ses cellules cancéreuses. L'équipe du Pr Johan Van Ginderachter (Vrije Universiteit Brussel, VUB), a identifié et caractérisé plusieurs types de cellules dendritiques, des cellules capables d'induire des réponses immunitaires contre des tumeurs.

Explications avec le Dr Nicolas van Baren, médecin et chercheur à l'Institut Ludwig pour la recherche sur le cancer

Que se passe-t-il en cas de cancer?

Les cellules cancéreuse portent des antigènes que l'on ne trouve pas sur des cellules normales et qui permettent au système immunitaire du patient de reconnaître et détruire ses cellules malades. Certaines tumeurs portent peu d'antigènes et sont mal ciblées par l'immunité. D'autres ont beaucoup d'antigènes et sont mieux reconnues, mais souvent ces dernières trouvent le moyen de résister aux lymphocytes, les cellules immunitaires censées les reconnaître et les tuer, en bloquant leur action. Dans tous ces cas, la tumeur progresse.

Comment dès lors faire pour stimuler la réponse immunitaire?

On peut agir de deux façons. Il est possible aujourd'hui de "débloquer" les lymphocytes rendus paresseux dans la tumeur, avec des anticorps qui agissent sur les lymphocytes. Ce type d'immunothérapie est maintenant utilisé dans le traitement de certains cancers avec des succès remarquables. Il est également possible de stimuler les lymphocytes, en particulier avec des vaccins. Cette approche s'est révélée peu efficace jusqu'à présent.

Qu'ont fait les chercheurs du VIB?

Les cellules cancéreuses par elles-mêmes activent mal les lymphocytes. Un autre type de globules blancs, les cellules dendritiques, sont par contre très efficaces. L'équipe a étudié les cellules dendritiques présentes dans des tumeurs de souris essentiellement, mais aussi des tumeurs humaines. Ils ont montré qu'il en existe plusieurs sortes différentes et que, selon le type, l'effet sur l'immunité est plus ou moins accentué. En sélectionnant les bonnes cellules dendritiques, et en vaccinant des souris, il a été possible d'induire de fortes réponses immunitaires anti-tumorales.

Qu'est-ce que cela signifie concrètement?

Cela veut dire que l'on en a appris plus sur une façon plus efficace d'induire des réponses immunitaires à partir de ces cellules. Si l'on sélectionne ces bonnes cellules dendritiques à partir de tumeurs de souris et si on les administre - comme un vaccin - à des souris, on arrive à induire des réponses immunitaires plus fortes. L'intérêt principal est que ces cellules dendritiques provenant de la tumeur portent les antigènes de cette tumeur. Les antigènes sont très différents d'une tumeur à l'autre, ce qui complique les approches de vaccination. Le vaccin permet donc de cibler précisément les antigènes qu'il faut cibler.

Quelle est la portée de cette étude et les perspectives?

Il faut être prudent, il s'agit d'une étude sur des modèles de souris, et ces résultats sont loin d'une application clinique. Il s'agit néanmoins d'une étude qui donne des informations nouvelles, potentiellement intéressantes et susceptibles, par la suite, de s'avérer exploitables. Pour ce qui est de l'impact au niveau de l'immunothérapie du cancer chez l'homme, il est tout simplement trop tôt pour en parler.

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