Tournée minérale: 80% des participants ont tenu leur promesse

Laurence Dardenne

Février sans alcool, chiche!". Lorsque nous avions annoncé, le 1er décembre 2016 sous ce titre, l'initiative baptisée "Tournée minérale", tout le monde - à commencer peut-être par les initiateurs de l'opération, la Fondation contre le cancer (FCC) -, était loin de se douter qu'elle allait rencontrer un tel succès :122 460 personnes se sont inscrites en Belgique sur le site. Pour rappel, le défi lancé par la FCC consistait à inviter tout qui voulait à ne pas toucher à une goutte d'alcool pendant un mois, février en l'occurrence. Histoire avant tout de prendre conscience de sa consommation d'alcool, que ce soit par habitude, pour des raisons sociales ou autres, et donc de la banalisation de cette situation, pourtant pas si anodine.

En outre, plutôt que mettre l'accent sur les dangers d'une consommation excessive, il était question de mettre en avant les avantages de ne pas consommer d'alcool: " Ne pas boire pendant un mois, que des bénéfices ", soulignait la campagne : " tu dors mieux; tu épargnes de l’argent (pour savoir combien, cap sur le calculateur ) . Tu as plus d’énergie, tu te sens plus en forme ." D’autres raisons de participer ? " L’alcool assèche la peau. Après un mois sans, tu auras un meilleur teint et une plus belle peau. L’alcool est calorique. Beaucoup de gens perdent du poids en l’arrêtant ." Et ce n’est pas tout : " Pas de gueule de bois = plus de temps pour s’amuser, même le lendemain de la veille. "

Résultats intermédiaires

Mais comment donc les participants, motivés, ont-ils vécu cette expérience et qu'en ont-ils retiré? C'est ce qu'a voulu savoir la FCC en demandant à l'Université de Gand de mener une enquête, via un questionnaire en ligne adressé aux participants, afin de savoir, aussi, par la suite dans quelle mesure celles et ceux qui ont relevé le défi ont changé leurs habitudes et leur attitude face à l'alcool. Il semble en effet qu’arrêter de boire pendant un mois permet de gérer l’alcool de manière plus saine par la suite. Pour la plupart des personnes qui ont fait l’expérience de ce sevrage momentané, on a observé que leur consommation s’était réduite. Et cela, même des mois plus tard.

Voici les résultats intermédiaires de cette étude qui se clôturera à la fin de l'année. Dans une phase ultérieure, en septembre, il est en effet prévu de questionner les participants sur leurs comportements à plus long terme. De cette enquête, à laquelle près de 20000 personnes ont répondu, il ressort que les trois principaux bénéfices ressentis suite à ce sevrage se situent au niveau de l'état mental - ou se sentir mieux dans sa peau -, du sommeil et de l'énergie.

Déclaration sur l'honneur

S'ils étaient 80 % à déclarer - sur l'honneur ! - avoir bel et bien tenu leur promesse de ne pas toucher à une goutte d'alcool un mois durant, les moments les plus délicats où poser la main sur le verre pour dire "non" ne fut toujours aussi aisé sont les occasions sociales, qu'il s'agisse de repas de familles, de fêtes entre amis, de réceptions… Pour d'autres, se défaire de certaines habitudes, comme le petit verre de vin ou la bière pour accompagner le repas, fut particulièrement pénible. C'est probablement dans ces moments-là que 20 % ont fini par craquer, alors que d'autres se plongeaient dans de l'eau, des limonades, du thé quand ils ne découvraient pas la fraîcheur des mocktails, ou cocktails sans alcool.

Cela dit, quand ils ont tenu bon, le soutien inconditionnel des amis et de la famille fut précieux. Rares furent celles et ceux qui ont été critiqués dans leur démarche. Au contraire, ce fut l'occasion d'aborder sereinement la question de l'alcool. Et quand ils ont échoué dans leur tentative, ce n'est pas le manque de soutien qui a été évoqué pour excuse.

La bonne nouvelle est que la toute grande majorité (86 %) se dit prêt à remettre le couvert l'an prochain.

La Libre Belgique invite également les participants à Tournée minérale à témoigner de leur expérience via ce questionnaire, avec une question centrale : cette opération a-t-elle changé à long terme leur consommation d'alcool ? Leurs réponses seront publiées dans La Libre ce jeudi !