La Belgique déploie une constellation de nano-satellites dans l'espace

Sophie Devillers

C'est un projet qui regroupe 23 pays, sur cinq continents, qui a demandé 6 ans d'études, et c'est la Belgique qui a la main ! Depuis Rhode-saint-Genèse, les initiateurs du projet "CubeSat" ont observé ce matin leurs mini-satellites rejoindre l'espace, à 400 km au-dessus de nos têtes. Ils ont été éjectés, avec l'aide de l'astronaute Thomas Pesquet, depuis la station spatiale internationale, dans l'espace, où ils tourneront désormais en orbite autour de la Terre.

Ces CubeSats sont des "nano-satellites" complètement fonctionnels, qui ont la forme d'un cube de 10 centimètres de côté et pèsent moins d'1,33 kg. Le coût d'un tel satellite revient environ à 100 000 euros, contre plusieurs millions habituellement, voire pour certains satellites, un milliard ! L'objectif des CubeSats est de fournir un accès démocratique à l'espace pour les universités et centres de recherches. De tels mini-satellites peuvent faire de la recherche sur le changement climatique, observer la Terre, faire de la "météo spatiale" ou même être utilisés pour l'exploration lunaire et martienne... Cinquante universités et centres de recherche sur la planète ont envoyé leur satellite dans cette constellation de 36 CubeSats. L'ensemble de la mission est coordonnée par un centre de recherche belge très réputé à l'international, l'Institut Von Karman (VKI), basé à Rhode-saint-Genèse. Le projet, de 9 millions d'euros, est financé par l'Union européenne.

 

Première mondiale

La mission QB50 est aussi une première mondiale. Ce projet constitue la première tentative de mesures  multipoints des couches supérieures de l'atmosphère, la thermosphère moyenne et basse, située entre 200 et 400 km d’altitude. Cette zone de la thermosphère est la moins explorée, principalement parce  qu’elle est difficile à atteindre ou présente certains risques. Elle est à la fois trop haute pour pouvoir être  atteinte par des radars au sol ou de petites fusées et trop basse pour les satellites. Or cette zone est  importante pour comprendre avec précision la trajectoire de rentrée de tout véhicule spatial.