L'Agence spatiale européenne recrute des astronautes pour aller sur la Lune

L’Agence spatiale européenne ouvre le premier recrutement d’astronautes depuis 2008. Il y a beaucoup d’appelés mais (très) peu d’élus lors de cette sélection drastique. Les candidats déçus témoignent néanmoins "d’une aventure extraordinaire".

L'Agence spatiale européenne recrute des astronautes pour aller sur la Lune
©SHUTTERSTOCK

C’est une première depuis treize ans ! L’Agence spatiale européenne (Esa) ouvre, le 31 mars, le recrutement de nouveaux astronautes. Elle en recrutera jusqu’à six pour faire partie d’un corps permanent d’astronautes "de carrière" pour des missions complexes et longues, afin d’aller par exemple vers la Lune. Et jusqu’à vingt - c’est une nouveauté - pour faire partie d’une réserve d’astronautes susceptibles de voler pour des missions spécifiques, davantage en "one-shot". La procédure de sélection devrait durer un an et demi. Le CV, la lettre de motivation, un certificat médical délivré par un médecin aéronautique ainsi qu’une copie du passeport doivent être introduits sur le site de l’Esa avant le 28 mai. Les diplômes requis ? Avoir au moins un diplôme de master en sciences naturelles, médecine, ingénierie, mathématiques ou sciences informatiques ainsi que trois ans d’expérience au moins dans l’un de ces domaines. Ou encore avoir un diplôme de pilote d’essai. Il faut enfin être citoyen d’un pays membre de l’Esa, parler anglais, et entre autres pouvoir rester "calme sous la pression". L’âge limite a été repoussé de 40 à 50 ans.

"Nous avons un programme d’exploration spatiale avec trois destinations : la Station spatiale internationale, la Lune et Mars, détaille le directeur général Jan Wörner. Bien sûr, ce n’est pas aujourd’hui que l’on ira sur Mars avec des astronautes, mais il y a l’ISS et la Lune, en particulier (la future station orbitale lunaire) Gateway. On a une équipe d’astronautes actifs, et j’aimerais les voir voler à nouveau mais il faut aussi assurer une continuité pour le futur et avoir un transfert de connaissances aisé entre les deux classes. Il est donc temps de ce recrutement !" Les premiers vols jusqu’à la Gateway - trois places sont déjà réservés à des Européens - iront en priorité aux plus expérimentés, donc à la classe de 2008, mais il y aura des opportunités pour les autres plus tard. Sans oublier la possibilité d’aller ensuite à la surface lunaire… "Mais ils voleront en premier vers l’ISS et le tout premier vol pourrait avoir lieu en 2025 au plus tôt, puisqu’il y a un an d’entraînement de base", note Frank De Winne, du centre EAC.

Un jour, un parastronaute ?

Décision unique parmi les agences spatiales, l’Esa ouvre en parallèle une sélection d’un parastronaute, c’est-à-dire un ou une astronaute souffrant d’un handicap physique. L’idée de ce projet pilote : étudier la possibilité d’accueillir dans l’espace des personnes souffrant d’une déficience du ou des pieds jusqu’à la cheville, des jambes jusqu’aux genoux, ou encore mesurant moins d’1,30 m. "Vu l’apesanteur, il y a beaucoup de choses qui peuvent être réalisées sans l’usage des jambes", remarque ainsi l’astronaute Tim Peake. "On est tous handicapés, dans l’espace, vu qu’on n’est pas censés s’y trouver, complète l’astronaute Samantha Cristoforetti. C’est la technologie qui permet que des astronautes comme Tim et moi évoluions dans l’espace. C’est donc une question d’adapter cette technologie. Le but, c’est de voir si c’est faisable et quels sont les coûts." So. De.

Toutes les infos sur le site internet dédié de l'Esa