Le premier vol d’Artemis une fois de plus reporté

Les équipes de la Nasa ont échoué à résoudre un problème de fuite de carburant.

AFP
Le premier vol d’Artemis une fois de plus reporté
©Shutterstock

Le décollage de la nouvelle méga-fusée de la Nasa vers la Lune ne pourra pas être retenté début septembre, après son annulation au dernier moment samedi pour la seconde fois en une semaine. Le lancement effectif du programme américain de retour sur la Lune Artemis est donc repoussé. "C'est un tout nouveau véhicule, une nouvelle technologie, un tout nouveau but - retourner sur la Lune pour préparer un voyage vers Mars - et, oui, cela est difficile", a déclaré lors d'une conférence de presse le patron de la Nasa, Bill Nelson.

Après une première tentative échouée lundi à cause de soucis techniques, le décollage de la première mission test Artémis 1, sans astronaute à bord, était cette fois prévu samedi à 14 h 17 heure locale, depuis la Floride. Mais les équipes de la Nasa ont échoué à résoudre un problème de fuite de carburant, qui s'est déclenché au petit matin, au moment des opérations de remplissage des réservoirs de la fusée. Cette fuite d'hydrogène liquide ultra-froid a été qualifiée de "grosse".

L’hydrogène liquide est un carburant très difficile à manipuler, face à d’autres alternatives comme le méthane ou le kérosène. Mais il est très efficace en termes de consommation. En outre, c’était celui utilisé par les moteurs de la navette spatiale, dont s’inspire la SLS, comme le Congrès américain l’avait demandé à la Nasa. Une décision controversée au sein même de la Nasa. Les lancements de la navette ont souvent été reportés à cause de ce carburant. Les tentatives de remplissage des réservoirs de carburant de la SLS n’ont pas réussi non plus, à ce stade, malgré six tentatives.

Dans ce cas-ci, le "suspect principal", selon la Nasa, est un "joint" qui entoure une pièce permettant de connecter le tuyau par lequel passe le carburant et la fusée.

Les équipes pensent devoir remplacer ce joint, soit sur le pas de tir directement, soit en ramenant la fusée dans son bâtiment d’assemblage, à quelques kilomètres de là. Ces travaux ne permettaient ainsi plus de pouvoir décoller d’ici mardi, lorsque l’actuelle période de lancement possible se terminait, en raison des positions de la Terre et la Lune.

Possiblement des semaines de retard

Autre problème: le système d'autodestruction d'urgence de la fusée, conçu pour la faire exploser en cas de trajectoire déviante après le décollage, doit a priori être de nouveau testé, et ne pourra l'être que dans le bâtiment d'assemblage. Or rentrer la fusée et la ressortir prendra "des semaines".

Les prochaines périodes possibles pour un lancement vont du 19 septembre au 4 octobre, puis du 17 au 31 octobre. Il est encore "trop tôt" pour exclure totalement la fin septembre. Un point est prévu cette semaine. La Nasa a précisé que la période de début octobre serait compliquée à coordonner, à cause du décollage prévu aux mêmes moment et endroit d'un équipage d'astronautes pour la Station spatiale internationale.