En Belgique, c’est un peu tout… ou rien, a-t-on coutume de dire. Une pluie incessante, un temps maussade à n’en plus finir ou alors un soleil de plomb à faire fondre bien plus que les glaçons. En l’occurrence, pour les jours à venir, les prévisionnistes nous annoncent des records de chaleur : "Vendredi, le temps sera ensoleillé et la Belgique fera face à une chaleur tropicale. Ce sera probablement la journée la plus chaude de l’année. Les maxima seront compris entre 29 degrés au littoral et de 31 à 36 degrés ailleurs." S’ils disent vrai, voilà qui promet, même si, mercredi, l’IRM n’avait toujours pas lancé d’avertissement particulier.

Il n’empêche, s’il n’est pas ici question de parler de canicule, au sens propre et précis du terme, peut-être n’est-il pas inutile de rappeler quelques notions et principes élémentaires pour affronter au mieux les fortes chaleurs à venir. Et éviter les risques pour la santé qui en découlent : coup de chaleur, déshydratation, aggravation d’une maladie chronique, crampes, insolation, épuisement…

Face aux fortes chaleurs, nous ne sommes pas tous égaux : selon l’âge, le corps ne réagit plus de la même façon. Ainsi, plus on vieillit, moins on transpire et il devient plus difficile de maintenir une température corporelle de 37°.

Lorsque le corps n’est plus capable de contrôler sa température, l’augmentation de celle-ci peut entraîner un coup de chaleur. Outre une température corporelle qui peut atteindre voire dépasser les 40°, les symptômes en sont une peau chaude, rouge et sèche, mais aussi une irritabilité voire une agressivité inhabituelle, des maux de tête, des nausées, une soif intense, une somnolence, voire une confusion, des convulsions et, parfois, une perte de connaissance.

Une personne victime d’un coup de chaleur est en danger de mort. Face à cette situation, les premiers gestes consistent à transporter la personne dans un endroit frais et aéré, la dévêtir, la faire boire, l’asperger d’eau fraîche et la couvrir de linges humides.

Quant à l’insolation, elle est liée à l’effet direct du soleil sur la tête. Elle se manifeste par des maux de tête violents, un état de somnolence, des nausées et éventuellement une perte de connaissance, une fièvre élevée et parfois des brûlures cutanées.

Des symptômes comme des crampes musculaires au niveau des bras, des jambes ou du ventre, une faiblesse générale, des étourdissements… doivent également alerter.

A commencer par éviter de sortir aux heures les plus chaudes de la journée (12-16 heures), quelques petits gestes de simple bon sens peuvent aider à limiter les conséquences de ces fortes chaleurs et à en supporter les conséquences. On n’y pense pas toujours, mais fermer volets, stores et rideaux des fenêtres exposées au soleil est un premier réflexe à avoir pour rafraîchir l’habitation. De même que maintenir les fenêtres fermées tant que la température extérieure est supérieure à la température intérieure. D’où l’intérêt d’aérer tôt le matin, tard le soir et la nuit pour rafraîchir la maison. Et pourquoi ne pas en profiter pour provoquer des courants d’air ?

En outre, afin de limiter les apports internes d’énergie, on peut éviter d’utiliser les appareils électriques (éclairage, halogène, TV, ordinateur…).

Rafraîchir son habitation est une chose; son corps en est une autre. Avoir le courage de prendre des douches et des bains non pas froids mais simplement frais, sans se sécher, est une bonne façon de se rafraîchir. De même qu’essayer de passer au moins deux ou trois heures par jour dans un endroit frais, climatisé, comme un supermarché ou un musée, selon…

Penser à aider les plus vulnérables

Les plus vulnérables à aider en priorité sont les personnes dépendantes : nourrissons et jeunes enfants, personnes âgées, handicapées et souffrant de troubles mentaux ou de maladies chroniques. Prendre régulièrement de leurs nouvelles, si ces personnes sont isolées, peut éviter des catastrophes. Et penser à les héberger, le cas échéant, s’ils ne bénéficient pas d’un séjour frais.

Boire 13 verres d’eau par jour

Essentiel plus encore en cette période : se désaltérer. Pour boire, il ne faut pas attendre la sensation de soif. Il faut l’anticiper. Si les adultes en bonne santé régulent généralement l’équilibre hydrique avec précision, ce système est immature chez les jeunes enfants et souvent défaillant chez les personnes âges, qui risquent d’autant plus une déshydratation que les uns comme les autres ne prêtent généralement pas assez attention à la soif.

Sauf contre-indication médicale, boire l’équivalent de 8 verres par jour est un minimum, l’idéal étant une consommation quotidienne de 13 ou 14 verres. Si la chloration de l’eau du robinet - parfois accrue en cas de fortes chaleurs pour des raisons de sécurité sanitaire d’ordre microbiologique - lui donne un goût peu agréable, il suffit de laisser l’eau du robinet reposer quelques minutes. Les eaux moyennement minéralisées sont à privilégier. On peut aussi mélanger une eau gazeuse (fortement minéralisée) avec de l’eau du robinet. Une autre option : boire de l’eau gélifiée.

Les fortes chaleurs qui règnent en ce moment, c’est aussi le moment d’éviter l’alcool, qui altère les capacités de lutte contre la chaleur tout en favorisant la déshydratation. Les boissons à forte teneur en caféine (café, thé, cola) sont également déconseillées dans la mesure où elles augmentent la sécrétion d’urine. Et si boire des litres d’eau paraît mission impossible pour certains, il reste à prendre les liquides sous forme solide, en consommant des fruits (pastèques, melons, agrumes, pêches, raisins, prunes…) et des crudités (tomates, courgettes, concombres…). Voire des gaspachos et autres soupes froides.

Pour recharger l’organisme en sels et minéraux, on accompagnera la prise de boissons non-alcoolisées d’une alimentation solide en fractionnant au besoin les repas. Autre alimentation conseillée : un yaourt qui hydrate autant qu’un verre d’eau ou du fromage blanc. En revanche, mieux vaut éviter de boire glacé, car dans ce cas la sensation de soif s’atténue plus rapidement. Quoi qu’il en soit, si l’appétit diminue, il s’agira de compenser la diminution des apports hydriques d’origine alimentaire par une hydratation supérieure.