Présenté en mars 2010 comme "révolutionnaire", le Mobetron - que venait d’acquérir à l’époque l’institut Bordet - permet, en cours d’intervention, l’irradiation de petites tumeurs mammaires, évitant ainsi six semaines de radiothérapie aux patientes répondant aux indications précises dudit traitement (LLB du 11/03/2010). Plus qu’une révolution, le Mobetron serait une déception, d’après des rumeurs qui circulaient ces jours-ci. Emanent-elles de confrères envieux et frustrés de ne pas posséder l’engin en question, également détenu à Anvers et tout récemment à Tivoli ? Difficile à savoir. Toujours est-il qu’elles mettaient en doute les performances de cet accélérateur de particules mobile, lui attribuant notamment un important taux de récidive. Qu’en est-il au juste ?

"Il n’en est rien, nous a assuré le Dr Jean-Marie Nogaret, responsable de la clinique de chirurgie mammo-pelvienne et coordinateur de la clinique du sein à l’institut Bordet, attristé d’entendre de telles informations, " franchement malhonnêtes et lamentables ", qui pourraient de surcroît être source d’inquiétude pour les patientes. Nous sommes absolument ravis de cette acquisition (NdlR : d’un montant de quelque 2 millions d’euros, rendue possible grâce aux Amis de l’institut Bordet ) qui nous a permis de traiter plus de 300 patientes jusqu’ici. Au niveau esthétique, les résultats sont superbes."

Et qu’en est-il du taux de récidive ? "En ce qui nous concerne, répond le spécialiste, après deux ans et demi - ce qui n’est pas un recul suffisant -, nous avons un taux de récidive de 0 %, mais l’équipe italienne, qui utilise le Mobetron depuis une douzaine d’années, a moins de récidive (moins de 2 % à cinq ans) qu’avec la technique classique (5 à 10 %) sans avoir tous les inconvénients d’une radiothérapie externe. Si on sélectionne bien les cas, il s’agit donc manifestement d’une technique qui s’avère largement supérieure aux rayons classiques et qui est amenée à devenir le standard dans les années qui viennent pour les petites tumeurs. Il faut simplement bien sélectionner ses patientes, en l’occurrence celles présentant des tumeurs de moins de 2 cm canalaires, avec des ganglions négatifs axillaires, ce qui représente plus de 40 % des cas de cancer du sein à l’heure actuelle." Pas d’inquiétude donc à avoir pour les patientes qui auraient bénéficié de cette technique .