Face au cancer, les Belges sont à la fois impatients - 69 % estiment que la recherche avance lentement -, optimistes - 58 % pensent que l'on vaincra un jour la maladie -, plutôt bien informés sur la pathologie en général mais nettement moins en ce qui concerne les avancées de la recherche dans le domaine. C'est en effet ce qui ressort de la deuxième édition du baromètre réalisé par Ipsos à la demande du laboratoire pharmaceutique MSD auprès de 1090 Belges.

Généralement capables de citer les cancers les plus courants, en l'occurrence ceux du sein (env. 10000 nouveaux cas par an en Belgique), de la prostate (env. 8000), du poumon (env. 6000) et colorectal (près de 4000), nos concitoyens savent également que le cancer du poumon reste le plus meurtrier, alors que les pronostics pour les cancers du sein et colorectal s'avèrent globalement meilleurs.

Si le taux de mortalité pour le cancer du poumon reste effectivement important, "il y a un réel défi dans le cancer du poumon, relève le Pr Thierry Pieters, pneumo-oncologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Et il se pourrait bien que nous soyons en train de le relever avec l'arrivée, depuis quelques mois, de l'immunothérapie dans ce type de cancer".

© MSD

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Un traitement de première ligne

Car si près de sept Belges sur dix (68 %) estiment que la recherche avance trop lentement à leur goût, sans doute ignorent-ils qu'elle a fait, au contraire, de grands pas ces dernières années, comme le confirme encore ce spécialiste. "Nous sommes dans une période de transition dans le traitement du cancer. Tout le monde ne s'en rend peut-être pas encore compte mais la révolution que représente l'immunothérapie est véritablement en marche. Utilisée en Belgique depuis un peu plus d'un an pour traiter le mélanome, l'immunothérapie a rapidement été étendue à d'autres cancers, et notamment celui du poumon dont les chances de survie à 5 ans étaient jusqu'alors très faibles avec moins de 20 %. Si cette thérapie était jusqu'ici utilisée en deuxième ligne, après l'échec d'un premier traitement, elle devient à présent le premier traitement dans le cancer du poumon pour les patients dont le taux de biomarqueurs est d'au moins 50%".

Un biomarqueur est une caractéristique mesurable avec précision qui peut notamment fournir des indications sur le risque de développer ultérieurement un type de cancer, la présence d'un cancer, la nature et la gravité d'une tumeur, l'évolution du traitement et donc la réponse du patient à celui-ci.

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Le concept de biomarqueurs prédictifs d'efficacité, qui s'immisce à présent dans l'immuno-oncologie, ouvre donc une nouvelle perspective, celle de l'immunothérapie de précision. Comme l'explique le Pr Johan Vansteenkiste, pneumo-oncologue à l'UZ KU Leuven, "si on remarque qu'un patient possède, par exemple, un taux de biomarqueurs d'efficacité élevé après une analyse sanguine ou tissulaire, on peut mesurer la quantité de biomarqueurs prédictifs d'efficacité d'un patient."

Depuis le 1er mai, l'immunothérapie par pembrolizumab est remboursée comme traitement de référence dans le cancer du poumon le plus courant (non à petites cellules), pour les patients dont le taux de biomarqueurs d'efficacité est d'au moins 50%. En identifiant les patients qui répondront ou non au traitement, on peut ainsi opter pour son administration ou non. L'analyse des biomarqueurs permet d'administrer le bon traitement au bon patient au bon moment. Plus que jamais, l'heure est à la médecine personnalisée.

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