Parce qu’elle peut arriver de manière brutale, sous des signes variés et pas forcément distinctifs, et emporter sa "proie" en quelques heures, si elle ne l’a pas épargnée la marquant de séquelles à vie, la méningite bactérienne reste à l’évidence une maladie redoutable. Et particulièrement redoutée. "Une infection de ce type est une urgence pédiatrique, dont l’incidence de mortalité et les séquelles ne diminuent pas malgré un diagnostic rapide et une prise en charge efficace", soulignent les médecins à l’occasion de la Journée mondiale de la méningite, ce mercredi 24 avril.

Apprendre à en reconnaître les symptômes d’alerte aussi vite que possible, (ré-) agir rapidement et adéquatement mais aussi rappeler l’importance de la vaccination, seul réel moyen de prévention, sont les meilleures manières de se prémunir vis-à-vis de sa sévérité potentielle.

1. Les méningites sont avant tout d’origine virale (et généralement bénignes chez les patients qui ne sont pas immuno-déprimés) ou bactérienne (moins fréquentes mais très sévères). Et plus rarement, d’origine fongique. Il s’agit d’une infection des méninges (enveloppes entourant le cerveau). Parmi les trois bactéries responsables (hors période néonatale), les méningocoques (bactérie Neisseria meningitidis) constituent maintenant les causes majeures de méningites aiguës. En Belgique, ainsi qu’en Europe d’ailleurs, le méningocoque du sérogroupe B était, en 2012, la cause principale de méningite bactérienne, avec ou sans septicémie. Ils se transmettent par contact étroit (moins d’un mètre), direct et prolongé (plus d’une heure), avec les sécrétions naso-pharyngées. Si l’incubation peut varier de 2 à 10 jours, elle dure généralement 3 à 4 jours.

2. Les symptômes associant un syndrome infectieux (fièvre, maux de tête violents, vomissements) et un syndrome méningé (raideur de la nuque, léthargie, trouble de la conscience, voire coma), la méningite peut s’avérer d’autant plus difficile à diagnostiquer qu’elle apparaît en hiver, sous l’apparence d’une grippe. L’infection peut aussi - plus rarement - se manifester sous d’autres formes : arthrite septique, péricardite, conjonctivite, pneumonie, infection pelvienne. L’apparition de taches hémorragiques sous la peau (purpura) qui s’étendent progressivement constitue un critère de gravité de l’infection et une menace de choc septique, qui impose en urgence un traitement antibiotique et une hospitalisation.

Dans 43 % des cas, d’après des données françaises, la méningite est isolée, mais elle peut aussi être associée à une bactériémie (présence de bactéries pathogènes dans le sang) (32,5 %) ou à une septicémie (infection de tout l’organisme).

3. Les personnes plus vulnérables. Le plus souvent, la méningite à méningocoques survient chez les jeunes enfants (moins de cinq ans et immuno-immatures). Un autre pic se situe chez les adolescents (15-19 ans) ainsi que chez les plus de 80 ans (immuno-sénescents).

4. L’incidence. De 10 à 20 % de la population sont des porteurs asymptomatiques de N. Meningitidis; chez moins d’1 % la maladie se déclarera. En Europe, l’incidence de la méningite à méningocoque est de 1,2 pour 100 000 habitants. En 2012, le sérogroupe B (retrouvé dans 70,7 % des cas de maladie invasive) a été isolé dans 86 cas d’infections en Belgique où 7 décès ont été enregistrés.

5. Les traitements. La méningite présente une composante infectieuse sur laquelle agissent les antibiotiques, administrés par voie intraveineuse. Il est crucial que le diagnostic soit posé rapidement et le traitement administré immédiatement. Sans pour autant avoir diminué, le taux de mortalité des infections à méningocoques - potentiellement épidémique - est proche de 10 %. Pour les patients qui en guérissent, on observe 10 à 20 % de séquelles : surdité uni ou bilatérale, problèmes neurologiques, amputation suite à une nécrose liée au purpura fulminans (forme grave de sepsis sévère). On estime que la qualité de vie des enfants ayant eu une méningite dans leur première année de vie est inférieure de près de 12 % par rapport à la moyenne à l’âge adulte.