Face au réchauffement climatique, quels sont les pays les plus vulnérables ? Un cabinet d'étude britannique publie un classement de 166 pays, riche en enseignements, qui va bien au-delà de la seule exposition "géographique" à la hausse du thermomètre.

La Somalie, Haïti, l'Afghanistan et la Sierra Leone sont les pays les plus vulnérables, selon le document dont l'AFP a obtenu une copie mercredi. Sur les 28 pays exposés à un risque "extrême", 22 sont situés en Afrique sub-saharienne.

A l'autre extrémité du classement, figurent la Norvège, la Finlande, le Japon et la Canada, selon cet "Index de vulnérabilité au changement climatique", réalisé par Maplecroft, société britannique spécialisée dans l'analyse des risques internationaux pour le monde des affaires. "Nous voulons voir ce qui aura un impact sur les populations humaines," explique à l'AFP Fiona Place, analyste environnement chez Maplecroft. La France se classe parmi les 15 pays les moins vulnérables de la planète, aux côtés notamment du Royaume-Uni et de l'Irlande.

Même si la communauté internationale parvient à trouver un accord à Copenhague en décembre pour limiter la hausse de la température moyenne de la planète à +2°C, les conséquences du changement climatique en cours seront énormes, répètent les scientifiques. Construit à partir d'un modèle intégrant des sources multiples (FMI, CIA, ONU, mais aussi études internes), cet index n'a aucunement pour objectif de prédire les impacts du réchauffement climatique (montée du niveau des océans, sécheresses, inondations, ouragans...) pays par pays.

"Il s'agit de se concentrer sur la vulnérabilité (...), sur la capacité des individus, des communautés, des économies et des sociétés à faire face aux risques", soulignent ses auteurs. Six catégories ont été retenues : économie, institutions et gouvernance, développement humain et santé, écosystèmes (gestion des forêts, impact humain sur l'érosion des sols), sécurité de l'approvisionnement en ressources (eau, nourriture, énergie) et enfin répartition de la population et infrastructures.

Sur les 33 indicateurs pris en compte, celui qui a le plus fort point relatif est cependant, sans surprise, la surface du pays située à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Bangladesh, qui compte 144 millions d'habitants et dont une bonne partie du territoire se situe juste au niveau de la mer, est en 12e position des pays les plus exposés. A première lecture, certains résultats peuvent surprendre. Le Japon et le Royaume Uni, tous deux insulaires, sont parmi les "mieux classés". Ces deux pays ne dépendent pas d'une seule source pour leur sécurité d'approvisionnement (nourriture, énergie), relève notamment Fiona Place, soulignant que les importations de nourriture du Royaume Uni proviennent de 26 pays différents.

Au-delà de ses infrastructures et des institutions, le Japon "a une biodiversité relativement riche, notamment en terme de forêts", ajoute-t-elle, soulignant le contraste avec des pays tels que l'Ethiopie, "où il y a une forte densité de population à travers tout le pays, où l'érosion des sols est un vrai problème, avec un impact sur les récoltes". Ce classement devrait aussi être une source de réflexion dans les délicates discussions en cours sur le partage des responsabilités et des risques: les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant du monde industriel - les Etats-Unis et l'Australie - font partie des 20 pays les moins vulnérables.