Un patient sur trois ne le sait pas, selon une étude de la Mutualité chrétienne.

Pas facile d’engager la conversation avec son médecin pour savoir combien on devra lui payer à la fin de la consultation. Selon une étude à grande échelle menée par la Mutualité chrétienne auprès de ses affiliés (5 500 ont répondu), le coût n’est, pour la moitié des patients (49 %), pas la première chose à laquelle on pense quand on doit se rendre chez son généraliste.

Un patient sur dix aimerait pourtant bien poser la question mais n’ose pas. Principale raison évoquée : les histoires de sous ne doivent pas perturber ou influencer la relation de confiance entretenue avec son docteur. Une bonne partie de patients eux parient aussi sur le fait que la mutualité interviendra suffisamment.

Très variable d’un prestataire à l’autre

"En tant que patient, on a le droit de savoir à l’avance combien on va payer chez un prestataire de soins, mais en pratique, ce n’est pas toujours aussi évident", ponctue Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne.

L’étude, publiée en cette journée européenne des droits du patient, fait apparaître des différences substantielles dans les connaissances des patients. Si 84 % d’entre eux disent connaître le coût d’une consultation chez leur médecin de famille, ils ne sont plus que 33 % à être fixés sur les tarifs chez leur dentiste.

La situation varie très fort d’un prestataire des soins à l’autre.

Ainsi, les coincés du dos ou du cou, qui ont consulté un ostéopathe au cours de l’année écoulée, savaient (généralement à souvent) très bien à l’avance (95 %) le prix qu’ils auraient à payer.

Les résultats sont aussi très positifs pour le psychiatre, le logopède et le kinésithérapeute, soit des prestataires que les patients revoient pour des traitements étalés sur plusieurs consultations.

Peu d’informations…

En revanche, l’information passe encore très mal pour, outre les dentistes, les ophtalmologues ou les gynécologues.

L’enquête montre encore que les prestataires de soins omettent d’informer leurs patients du coût du traitement, ou qu’ils ne le font qu’au moment du paiement. Ici encore, des divergences importantes sont constatées. Selon les patients qui ont répondu à l’étude, les ostéopathes (9 sur dix) et les logopèdes (8 sur dix) ont informé leurs patients du coût d’un traitement, mais seul un oncologue sur trois (34 %) a pris la peine de le faire…

Conventionné ou pas ?

Autre facteur mis en évidence : les patients ignorent pour la plupart si leur médecin est conventionné.

C’est-à-dire s’il s’est engagé à respecter les tarifs fixés entre les prestataires de soins et les mutualités pour les différentes prestations de la nomenclature. Comme les montants remboursés par la mutuelle sont fixes, si le docteur non conventionné réclame des tarifs supérieurs à la convention, c’est le patient qui déboursera davantage.

Exemple : un généraliste conventionné peut demander 21,09 euros pour une consultation à un assuré ordinaire; la mutuelle remboursera 15,09 euros au patient qui aura donc payé, au total, 6 euros. Mais si le médecin de famille réclame 31 euros, le patient aura finalement sorti 16 euros de sa poche.

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Pour savoir ce que va vous coûter une consultation, une visite à domicile ou un acte technique : http://www.mc.be/self-service/calculer-simuler/