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Comment bien choisir sa contraception ?

Laurence Dardenne

Publié le - Mis à jour le

Pilule contraceptive, oui mais aussi stérilet, anneau vaginal, patch contraceptif, implant, préservatif masculin ou féminin et même contraception d’urgence : rarement autant de solutions pour éviter une grossesse non désirée auront été mises à disposition. "Mettre une contraception à disposition est une chose. Informer les patientes sur l’existence et le fonctionnement de celle-ci en est une autre, explique le Dr Mireille Merckx, gynécologue-obstétricienne au CHU Saint-Pierre et à l’Hôpital Erasme, dans le cadre du Women’s Health Seminar qui s’est dernièrement tenu à La Haye, pour ce qui concerne ces deux aspects, nous avons déjà fait de gros progrès, mais on peut toujours faire mieux. Là où nous constatons encore réellement un manque, c’est sur le plan du counselling".

Ce concept, relativement récent, implique le récapitulatif des différentes possibilités pour un certain traitement, thérapie ou soin ainsi que l’explication des avantages et des inconvénients. Il s’agit ensuite de transposer cette théorie dans la réalité en posant les questions essentielles : quelle est votre philosophie ?; votre mode de vie ?; quelles sont vos priorités ?; que préférez-vous ressentir ?; qu’en est-il du suivi de votre traitement ?

Un bon counselling est censé conduire à un choix plus réfléchi et à une meilleure observance du traitement.

"Le médecin est tenu de donner à la patiente un aperçu exhaustif des contraceptions disponibles, de leurs propriétés typiques, de leurs avantages et de leurs inconvénients, explique pour sa part le Dr Gilbert Donders, gynécologue-obstétricien à l’Hôpital du Sacré Cœur à Tirlemont, on attend également qu’il sonde ses désirs, ses besoins et ses possibilités. La patiente, quant à elle, est tenue de faire part de ses désirs et de sa situation et de se montrer réceptive aux arguments avancés par le médecin. Dans la pratique, il semble que médecins et patientes consentent à avoir ce qu’on appelle un "entretien de counselling".

A savoir en quoi consistent les différentes étapes d’un counselling pratique et personnalisé, le spécialiste répond : écouter, ne pas perdre de vue ce que la patiente veut et ne veut pas, prendre en compte tous les facteurs biologiques et de santé (âge, profil cardiovasculaire, consommation de tabac et d’alcool, risque de maladies sexuellement transmissibles, pression sanguine, poids, fonctionnement de la thyroïde ), psychologiques et sociaux (mode de vie, étape de vie ); enfin, parler ensemble de la contraception et proposer plusieurs options.

"Les pratiques désignées par le counselling comprennent également l’évaluation de certains inconvénients, voire de risques qu’il s’agisse d’oubli et donc de tomber enceinte, de saignements intermédiaires, ou de risques pour la santé (ostéoporose, anémie, syndrome des ovaires polykystiques, cancer des ovaires ), poursuit le gynécologue, c’est pourquoi il est important de soupeser le pour et le contre".

Tous ces paramètres pris en considération, il peut arriver qu’en fonction de certains facteurs biologiques, psychologiques et/ou sociaux, une patiente ne reçoive pas le contraceptif qu’elle envisageait au départ. "La contraception idéale répond aux souhaits et aux besoins de la patiente, tout en tenant compte de ses possibilités", conclut le Dr Donders.

Lancé par Schering-Plough, avec le soutien de la European Society of Contraception and Reproductive Health, Choice (Contraceptive Health Research of Informed Choice Experience) est un nouveau programme d’éducation et d’évaluation. Il vise à voir dans quelle mesure un entretien de consultation est susceptible d’influencer le choix des femmes quant à leur moyen de contraception hormonal et à étudier la manière dont les femmes conçoivent les méthodes disponibles. En Belgique, 160 gynécologues interrogeront 2500 femmes dans ce cadre.

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