Évitons tout malentendu : nul besoin de boycotter capsules de noir breuvage ou petits pots pour bébé quand papa et maman n’ont pas le temps de cuisiner frais. La réaction serait amplement disproportionnée.

Néanmoins, lorsqu’on donne de la proximité, dans la même phrase, aux termes “alimentation” et “substance potentiellement nocive et cancérigène” (dixit le CIRC, Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS), il y a lieu d’être sur ses gardes.

Or, le furane, l’un de ces composants fantômes que ne renseigne nulle étiquette, est massivement repéré dans au moins deux composants fréquents de nos quotidiens toujours plus pressés : les capsules de café et les pots pour bébé.

Pourquoi eux, alors que le furane sommeille un peu partout, en ce compris les légumes, depuis la nuit des temps ? Parce qu’ils ont la particularité d’être chauffés, dans leur préparation, en vase clos. Il y a toujours du furane qui se dégage, naturellement, lorsque vous faites cuire votre ragoût, ou cuisinez votre soupe. Mais, le cas échéant, le furane, qui a la particularité d’être très volatil, file dans l’air. Dans une dosette de café, contenant imperméable, il n’y a pas d’air. Le furane se fige donc au café.

C’est ce qu’une étude de l’université de Barcelone avait mis au jour en 2004; c’est ce que vient de confirmer Georges Scholl, chercheur belge en contaminants au CART à l’ULg, qui consacre à la molécule nocive sa thèse de doctorat, financée par le SPF Santé publique.

Georges Scholl rappelle, sur le site de l’ULg, que “de manière générale, tout ce qui est cuit et rôti contient de fortes doses de furane et tout ce qui est emballé avant ou rapidement après avoir été chauffé présente les plus hauts niveaux de ce contaminant”.

Néanmoins, “si le furane fut à l’origine de cancers – cholangiocarcinomes et cancers du foie – sur des rats”, le chercheur rassure un peu plus loin :

“L’analyse de nos données révèle qu’en Belgique, personne ne se trouve dans la catégorie à haut risque, environ 10 % de la population se trouve dans la catégorie à peu de risque et 90 % dans la catégorie où le risque est discutable.”

Les très gros buveurs de café encapsulé doivent-ils craindre le pire ? Même pas. Il faudrait boire 35 tasses par jour pour approcher la… moitié du seuil jugé admissible de furane.

Autant dire qu’à ce tarif, c’est plus l’impact cardio-vasculaire, digestif ou psychologique de la surconsommation qui vous alertera.

Même topo pour les bébés. En Belgique, où les nourrissons mangent 2 fois plus de repas préparés à la maison qu’industriels (la France est bien plus branchée petits pots que nous, notez), il y a peu d’inquiétudes à avoir. D’autant que remuer quelques instants la préparation à l’air libre permet déjà d’éliminer une bonne partie du contaminant…

Prudence, toutefois , les données sur la façon dont le nourrisson ingère et rejette le furane manquent cruellement pour écarter tout risque. D’où l’importance de continuer à scruter la dangerosité du furane.