De nouvelles recommandations viennent d’être envoyées aux médecins de famille.

Rien ne va. Pas envie de se lever. A quoi ça sert ? De toute façon, tout ce que je fais tourne mal… Idées noires en boucle, manque d’intérêt pour le quotidien, sentiments de désespoir : la dépression fait des ravages. Près de 15 % des Belges âgés de 15 ans et plus en souffrent, selon une enquête qui remonte à 2013.

Mais comment l’identifier correctement, poser le bon diagnostic, mettre au point le traitement et assurer le suivi ? A partir de mercredi, la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD), fera parvenir aux médecins généralistes une nouvelle "recommandation de bonne pratique" relative à la dépression chez l’adulte.

L’objectif de cette recommandation élaborée par l’association flamande des médecins généralistes (Domus Medica) et traduite par la Société scientifique de médecine générale (SSMG) est de présenter aux médecins de famille un aperçu des différentes options diagnostiques et thérapeutiques pour qu’ils puissent prendre une décision réfléchie, en concertation avec le patient.

On y aborde forcément la prescription - ou non… - de psychotropes. "Les Belges prennent encore beaucoup trop d’antidépresseurs alors que cela est loin d’être toujours nécessaire", insiste la ministre. En cas de dépression légère à modérée, "ne prescrivez pas les antidépresseurs de manière routinière", recommande le nouveau vade-mecum.

Jusqu’au suicide ?

La majorité des patients dépressifs consultent leur médecin de famille. Comment les interroger au sujet d’un éventuel risque suicidaire ?

Le document envoyé aux médecins de famille recommande d’interroger le patient de façon aussi concrète et détaillée que possible. A-t-il des plans de suicide concrets ? Lesquels ? A-t-il déjà fait des tentatives ? On y précise encore les facteurs de vulnérabilité dont il faut tenir compte dans l’estimation du passage à l’acte : les hommes d’âge mûr présentent un risque plus élevé ; les hommes concrétisent plus fréquemment leurs intentions que les femmes ; des antécédents familiaux sont des signes d’alerte… La consommation d’alcool ("pour se donner du courage"), la présence d’un moyen létal (arme, corde, poison…) en sont d’autres.

Un diagnostic difficile

La dépression chez les personnes âgées est abordée dans un chapitre distinct. A un âge plus avancé, la dépression est un diagnostic grave, avec un risque accru de décès et d’invalidité, des limitations fonctionnelles plus importantes et une plus grande anxiété. Le risque de suicide réussi est aussi plus élevé.

Mais le diagnostic chez les seniors est difficile à poser parce que les vertiges, la sensation de malaise général, la fatigue, la perte d’énergie ou les insomnies, caractéristiques de la dépression, sont aussi des symptômes somatiques chez la personne âgée.

Il faut aussi tenir compte des phénomènes "normaux" de vieillissement (expériences de perte, réseau relationnel restreint et réduction du fonctionnement social) qui peuvent contribuer au développement d’une dépression.

A cela s’ajoute la question de la démence, qui peut s’accompagner de symptômes dépressifs. Et inversement… Comment faire la distinction ? Dans la dépression, le patient reconnaît lui-même que quelque chose ne va pas bien ; dans le cas de la démence, c’est plutôt l’entourage qui tire le signal d’alarme.