De nombreux auteurs ont déjà mis en évidence le danger pour la santé que représente l’exposition à certaines substances chimiques, plus encore pour le développement des enfants. Ainsi Anne-Corinne Zimmer, journaliste spécialisée dans l’environnement, avait-elle consacré un ouvrage à cette question, intitulé "Polluants chimiques, enfants en danger : révélation sur une contamination silencieuse" (Les Editions de l’Atelier, 2007, 17 €).

Cette fois, c’est une étude menée, chez nous, par le Steunpunt Milieu en Gezondheid, à la demande du gouvernement flamand, qui suscite de nouvelles inquiétudes. Pour mener à bien cette étude, le centre d’expertise de neurotoxicologie et de neuropsychologie du centre de soins psychiatrique de Geel (Openbaar Psychiatrisch Zorgcentrum, OPZ) a suivi, entre 2002 et 2007, 200 enfants jusqu’à leur troisième anniversaire. Peu après leur naissance, plusieurs substances provenant du sang de leur cordon ombilical ont été analysées.

Plomb, PCB et pesticides

Aujourd’hui, il apparaît que, même en faibles concentrations, certaines substances polluantes présentes dans le sang du cordon ombilical influencent négativement le développement intellectuel et comportemental des enfants de 0 à 3 ans. Pour les enfants présentant une forte concentration en plomb dans le sang de cordon à la naissance, les résultats aux tests de QI se sont avérés plus faibles que la moyenne. En outre, ces enfants semblent plus actifs; ils éprouvent davantage de difficultés pour se concentrer et présentent des problèmes sociaux et émotionnels. Ceci confirme des résultats similaires obtenus lors de récentes études menées dans d’autres pays.

Egalement étudiés, les effets des PCB et de la dioxine ne sont pas négligeables. D’après les auteurs de l’étude, "les enfants présentant un taux de PCB important commencent à marcher plus tard et développent leur langage avec un certain retard. Ils expriment aussi moins vite leurs émotions. Ils sont plus passifs et obtiennent des résultats moindres aux tests de QI".

Des résultats quasi similaires ont été observés en cas de concentration trop élevée de pesticides dans le sang du cordon ombilical. "Toutes ces substances ont une influence négative sur le développement de jeunes enfants, même s’il est également influencé par des facteurs héréditaires, l’alimentation, la composition de la famille, etc.", concluent les auteurs, soulignant le fait que les substances mesurées restent présentes longtemps dans l’environnement et dans le corps humain.

Depuis l’utilisation de l’essence sans plomb, la concentration en plomb a toutefois diminué, de même que la présence de PCB, interdit depuis longtemps, tout comme l’emploi des pesticides DDT l’est depuis 1974.

L.D. (avec Belga)