Véritable fléau contre lequel les hôpitaux luttent chaque jour sans avoir encore remporté la bataille, les infections nosocomiales, se disant des maladies contractées lors du séjour à l'hôpital, sont à l'origine de nombreux décès partout dans le monde. Même si, dans notre pays, Sciensano constatait dans un rapport publié en 2017 que la qualité du contrôle des infections nosocomiales en Belgique est très bonne.

C'est en l'occurrence une étude américaine qui vient de ...lever un coin du voile sur les endroits où aiment se loger ces bactéries résistantes. Selon cette publication, les rideaux qui séparent les lits des malades dans de nombreux hôpitaux sont souvent porteurs de bactéries résistantes susceptibles de contaminer les patients.

1500 prélèvements analysés

Dans le cadre de cette étude, quelque 1500 prélèvements sur de tels rideaux censés isoler les patients alités ont été réalisés, provenant de 625 chambres réparties dans six centres de soins infirmiers du Michigan. Dans plus d'un cas sur cinq (22%), des bactéries multirésistantes ont été détectées.

"Fréquemment (dans 16% des cas), les patients étaient porteurs de la même bactérie que celle détectée sur "leur" rideau, notent les auteurs de l'étude. Ils en sont d'ailleurs probablement l'origine dans la plupart des cas".

Les 1 500 échantillons analysés proviennent de rideaux examinés de manière périodique: à l'admission du patient puis à nouveau plus tard. Les prélèvements ont été réalisés sur le bord des rideaux, là où ils sont le plus fréquemment touchés.

Résultats : près de 14% des échantillons étaient contaminés à des entérocoques résistant à la vancomycine, plus de 6% à des bactéries à Gram négatif résistantes, et près de 5% à un staphylocoque doré résistant à la méticilline, autant de bactéries potentiellement mortelles.

"Les bactéries sont probablement passées du patient au rideau, mais l'inverse est "certainement possible, selon l'une des auteurs de l'étude, Lona Mody, docteur et chercheuse à l'université du Michigan. D'autres études sont nécessaires pour déterminer si les rideaux peuvent effectivement être une telle source de contamination bactérienne".

"Les pratiques varient d'un hôpital à l'autre, mais souvent, ces rideaux sont changés tous les six mois ou lorsqu'ils sont visiblement sales, a-t-elle ajouté. Ces agents pathogènes peuvent survivre sur ces rideaux et, potentiellement, se transférer sur d'autres surfaces".

Les résultats de l'étude seront présentés dans le cadre du Congrès européen de microbiologie clinique et maladies infectieuses, qui a lieu de samedi à mardi à Amsterdam.