"Ne fais pas craquer tes doigts sinon tu auras de l’arthrite plus tard!" Qui n'a pas subi cette vieille rengaine de la part de parents ou de proches ? Comme un bon nombre d'autres idées reçues, celle-ci a la vie dure.

Lasse d'entendre cet avertissement, Donald Unger, un allergologue américain, a voulu en avoir le cœur net. Le Californien, né dans les années 1920, a donc mené une petite expérience.

Le protocole est simple, comme il l'a expliqué dans la revue spécialisée Arthritis and Rheumatism. Durant cinquante ans, l'auteur a fait craquer les articulations des doigts de sa main gauche à raison de deux fois par jour, soit au moins 36.500 fois. Ceux de sa main droite n'ont quant à eux craqué que "rarement et de manière spontanée". "A la fin des cinquante années, ses mains ont été comparées pour juger de la présence ou non d'arthrite", indique le texte.

Suite à cette expérience, Donald Unger n'a souffert d'aucun signe d'arthrite et n'a décelé aucune différence particulière entre ses deux mains, rapporte Le Monde qui revient sur l'expérience du médecin. En scientifique sérieux, l'allergologue a tout de même reconnu que ce test sur sa personne seule ne pouvait prouver le non-lien entre la manie de craquer ses articulations et l'arthrite. Mais en 2009, cette recherche lui a tout de même valu de remporter un IgNobel de médecine qui récompense les champions de la science improbable.

En 2011, une étude plus rigoureuse, puisque qu'impliquant un échantillon de plus de 200 personnes âgées, est venue corréler les résultats de Donald Unger. Publiée dans le Journal of American Board of Family Medicine, elle a démontré que les personnes qui font régulièrement craquer leurs doigts ne sont pas plus victimes d'inflation que les autres.

A quand donc une étude pour savoir si on risque rester bloqué en louchant en plein courant d'air ? En attendant il a été prouvé depuis longtemps que les épinards ne nous transformeraient pas en Popeye.