Il est précisément 3 heures 56 et 20 secondes, heure belge, le 21 juillet 1969. L’astronaute américain Neil Armstrong pose le pied sur la Lune. Et lâche sa phrase devenue historique : "C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité". "J’y ai pensé après avoir atterri", a assuré Armstrong en 2001. En fait, il a expliqué avoir voulu dire "pour un homme", mais reconnu que ce n’était pas audible dans la transmission…

Pour les Américains, cette descente finale se passe un dimanche soir. En Europe, c’est déjà la nuit, mais partout les gens sont devant les téléviseurs… avec seulement des communications radio crépitantes, jusqu’à ce qu’Armstrong installe une caméra en noir et blanc, avant de poser le fameux premier pas. L’événement est suivi en direct par plus de 500 millions de Terriens, grâce à un dispositif exceptionnel déployé par la Nasa et les chaînes de télévision. Beaucoup doutaient cependant que les hommes parviennent à atterrir cette fois-ci. "Je nous donnais au moins 90 % de chance de revenir en vie, et 50 % de chance de réussir à alunir", dira Armstrong en 1999.

Autour du globe, célébrations, concerts et rediffusions

Cinquante ans après, l’on s’apprête un peu partout à commémorer cet exploit technologique par des expositions, des célébrations officielles - qui ont d’ailleurs déjà débuté aux États-Unis le 16 juillet (jour du décollage d’Apollo 11) et où Buzz Aldrin et Michael Collins, les deux astronautes d’Apollo toujours vivants, sont apparus à plusieurs reprises -, des concerts - la Nasa organise ainsi à Washington avec le National Symphony Orchestra un concert hommage, avec notamment la participation de… Pharell Williams - ou encore des rediffusions télévisées complètes de l’alunissage de 1969.

Nul doute que les agences spatiales, en particulier la Nasa, misent sur cette atmosphère festive pour relancer l’enthousiasme du public pour l’exploration lunaire habitée, alors que l’administration Trump et l’agence spatiale annoncent un retour sur notre satellite naturel pour 2024. Avec l’appui entre autres des Européens. Tout le monde l’assure en effet en chœur, il n’est cette fois plus question d’une "course à la Lune" ou d’une guerre comme dans les années soixante. Mais alors que les intérêts étatiques et privés pour la Lune se multiplient, les Américains tiennent cependant à être à nouveau les premiers à faire marcher un homme (en fait, cette fois une femme) sur le sol lunaire.

La date de 2024 est cependant remise en question par nombre d’observateurs, sans compter ceux qui, comme l’astronaute Michael Collins, préféreraient aller directement sur Mars. Les représentants des agences spatiales américaines et européennes que nous avons interrogés, eux, semblent convaincus que c’est non seulement utile - pour se préparer pour Mars, justement - mais possible. Tout sera en fait une question d’argent. La Nasa a évalué le budget pour un tel retour accéléré à 20-30 milliards de dollars supplémentaires sur cinq ans…